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Pour un mandat de transformation au Conseil régional
Session du 21/07/2021: intervention de politique générale
Ce discours de politique générale fut le premier de notre groupe d’élus (l’élection régionale avait eu lieu fin juin 2021). Il donnait les grandes lignes de nos projets pour le mandat. À noter: la possibilité d’intervenir en breton ou en gallo, que je demandais dans cette intervention, a été mise en place durant la première année du mandat.
Nil Caouissin pour le groupe Breizh a-gleiz – autonomie, écologie solidarité
Keneiled kaer,
Setu amañ kentañ prezegenn politikerezh hollek ar strollad dilennidi Breizh a-gleiz, e penn-kentañ ur respetad a vo pouezus-kenañ evit dazont Breizh. J’aurais aimé pouvoir faire cette intervention en breton mais la traduction n’est pas assurée, et un discours de politique général bilingue risquerait de nous prendre un temps déraisonnable. Je passe donc en français en espérant que dès le début du mandat, nous installerons un système de traduction instantanée, comme cela se pratique au Pays de Galles notamment, afin de permettre à celles et ceux d’entre nous qui le souhaitent de s’exprimer en gallo ou en breton.
Chères/Chers collègues,
Le mandat dans lequel nous nous engageons correspond à un moment de bascule pour la Bretagne. Les évolutions auxquelles nous sommes confrontées sont rapides, et appellent pour certaines des réponses urgentes. Sur le front du climat, chaque année d’inaction nous rapproche de la catastrophe et amplifie la gravité des drames qui se produiront ; l’actualité tragique en Allemagne et en Belgique vient encore de nous le rappeler. La biodiversité fait face à la même urgence. Il s’agit de sauvegarder la possibilité de la vie humaine dans le monde, et pour ce qui nous concerne, en particulier en Bretagne. Le Conseil régional peut et doit en prendre la mesure en annonçant dès le début du mandat des réorientations fortes, au niveau du foncier, de l’agriculture, des mobilités, du type d’économie que nous voulons soutenir.
Plus les transformations seront rapides et profondes, plus elles devront se faire dans la justice.
13 % de la superficie de la Bretagne est d’ores et déjà urbanisée. Et nous sommes, avec l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, la région en France où le rythme d’artificialisation des terres est le plus rapide. L’attractivité accrue de la Bretagne après les périodes de confinement ne peut qu’amplifier le problème si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent. Stopper l’artificialisation des sols ne pourra se faire que si le droit au logement est garanti, ce qui suppose, en plus d’une politique de l’offre sobre en terres et en matériaux, une politique de régulation et de priorisation de la demande, dont les outils font largement défaut aujourd’hui, et qu’il nous faut construire. La lutte contre la spéculation, la protection des résidents permanents face au pouvoir d’achat supérieur des futurs résidents secondaires, sont des sujets que nous n’avons plus le droit d’esquiver à l’heure où les Bretons de toutes origines peinent à se loger, n’osent plus déménager, et où les nouveaux arrivants, s’ils ne sont pas beaucoup plus riches que la moyenne, risquent de ne pouvoir accéder ni à la propriété ni à la location. Alors qu’on continue à détruire des champs pour construire des lotissements, combien de ces nouvelles maisons seront dédiées aux locations touristiques de courte durée ? A-t-on bien pris au sérieux l’enjeu de la sécurité alimentaire alors que les discours officiels continuent de proclamer la vocation exportatrice du complexe agricole breton ?
Cet enjeu se pose bien à moyen terme, en raison de la consommation de foncier bien sûr, mais aussi du bilan énergétique et climatique de notre secteur agricole. Réorienter la production agricole pour la rendre autonome et efficiente, adaptée aux possibilités de l’environnement breton, ne sera tenable que si les travailleurs de ce secteur reçoivent une juste rémunération pour leurs efforts, et si la possibilité même d’installer massivement de nouveaux agriculteurs est garantie. Là aussi, la régulation et la protection sont indissociables de la transformation.
Dans la même logique, réduire la consommation d’énergie de nos transports ne se fera pas par la culpabilisation ou la « responsabilisation » des automobilistes, mais par le déploiement massif d’alternatives, sur tout le territoire, incluant une reconquête ferroviaire que justifie d’ailleurs l’augmentation de la population bretonne, la généralisation des possibilités effectives de déplacement en vélo, et surtout, plus profondément encore, la réduction des mobilités contraintes, dont un aménagement équilibré du territoire est la clé. Nous le savons, les villes moyennes et leurs bassins de vie sont ceux qui génèrent les déplacements les moins longs ; à l’inverse, la métropolisation et le processus de résidentialisation sur nos côtes poussent les actifs à allonger leurs trajets domicile-travail.
Quant à la sobriété en carbone et en énergie de notre économie, elle suppose évidemment une approche territorialisée et une rationalisation des échanges mondiaux. L’hyper-spécialisation des territoires est incompatible avec l’écologie, du fait des déséquilibres qu’elle entraîne. La situation de notre secteur agro-alimentaire en est une illustration permanente. Reterritorialiser les circuits de production dans une logique d’économie circulaire et diversifier l’économie sont deux impératifs pour créer et maintenir durablement des emplois en Bretagne. A ce sujet, nous appelons à ne pas baisser la garde sur le front de l’emploi, car le taux de chômage relativement bas de la Région cache l’émigration de milliers de jeunes Bretons, et cette émigration n’est pas toujours choisie. Quand l’État cofinance et dirige un projet de Grand Paris, d’un budget de 42 milliards d’euros, visant explicitement à drainer la population active des autres régions de France, quitte à augmenter les déplacements pendulaires quotidiens sur plusieurs centaines de kilomètres, notre institution devrait porter un combat politique pour en finir avec le centralisme économique et garantir un juste partage des investissements stratégiques. Il faut presque mendier pour maintenir en état les lignes ferroviaires bretonnes qui n’ont pas encore été fermées, alors que des dizaines de gares s’ouvrent en Île-de-France. Cette réalité-là, la Bretagne doit la dénoncer car elle est contraire à l’idéal républicain. Le plus absurde dans cette affaire, c’est que la moitié de la population francilienne déclare vouloir vivre dans une autre région !
Nous entendons donc contribuer à ce que le Conseil régional de Bretagne affirme des ambitions de transformation forte dès le début du mandat, à ce qu’il ne rate pas son rendez-vous avec l’Histoire, et qu’il se projette résolument vers la construction d’un pouvoir régional à la hauteur des attentes de la population. Rappelons que la majorité de la population attend que plus de compétences soient exercées par le Conseil régional, et qu’un bon tiers souhaite même que lui soit dévolu un pouvoir législatif afin que les compétences officiellement transférées correspondent à un réel pouvoir d’action.
Le pouvoir régional en Bretagne fait en effet bien défaut, quand quelques anciens présidents et hommes politiques désignés par le pouvoir central pour siéger au Conseil constitutionnel décident, sur la base de leurs convictions personnelles, d’interdire l’enseignement immersif du breton dans l’école publique, d’interdire l’usage des prénoms bretons comprenant des signes exotiques à leurs yeux, ou quand un ministre en mission décide de saboter les filières bilingues publiques et l’enseignement immersif associatif, au mépris des engagements signés par l’État, au mépris aussi du principe démocratique de séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Nous voulons ici souligner un scandale en cours qui passe largement au-dessous des radars médiatiques. En ce moment même, de nombreuses filières bilingues sont menacées de suspension, sous divers prétextes, suspensions annoncées bien sûr en juillet pour que les familles n’aient pas le temps de s’organiser et de rechercher une autre offre d’enseignement bilingue. Ce cas plaide à lui seul pour l’autonomie interne de la Bretagne, si la situation de notre réseau ferroviaire ou la gestion de la crise sanitaire ne vous en avaient pas déjà convaincu.
Là se trouve la clé d’un renouveau démocratique. Quand la participation électorale aux récentes régionales atteignait à peine un tiers en région Bretagne, et moins encore dans la région artificielle des Pays-de-la-Loire, elle était de 60 % en Corse. Or, en Corse, une Assemblée unique réunit les anciens départements et la région dans une collectivité à statut particulier, et la majorité politique y mène un long combat pour construire l’autonomie. Les forces qui défendent ce projet, avec diverses nuances, ont réuni 70 % des voix au second tour. D’ores et déjà – mais qui le sait en Bretagne ? Qui le sait en France ? – la Collectivité de Corse dispose d’un budget de 3 880 euros par habitant quand celui de la Région Bretagne plafonne à 520 euros, soit un rapport de un à 7. Voilà l’exemple à suivre pour la Bretagne si nous voulons qu’elle redevienne un espace d’espoir démocratique, de débat et de mobilisation. La Bretagne entière, Loire-Atlantique comprise. Notre responsabilité est aussi de représenter les Bretonnes et les Bretons de notre département le plus peuplé, qui espèrent majoritairement voir leur pays réunifié.
Il nous faut plaider pour ce gain de compétences, de capacités budgétaires, de pouvoir et d’autonomie de la Bretagne, pour d’une part intéresser à nouveau les Bretonnes et les Bretons au mandat régional que nous exerçons, pour d’une part hisser notre région au rang des grandes régions européennes mais aussi et surtout pour prendre en charge avec efficacité le mur qui est devant nous : l’urgence climatique et la crise écologique.
Nous appelons à une région forte animant un cap de transformation avec les territoires locaux que sont les pays, qui doivent être aujourd’hui positionnés comme des lieux de résilience et de transition.
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Manifeste pour un statut de résident en Bretagne
Publié au moment où la Bretagne découvrait la flambée des prix de l’immobilier consécutive au premier confinement, ce petit ouvrage a suscité pas mal de débats. L’idée est la suivante: face à la tension sur le logement et à la nécessité d’arrêter de consommer des terres agricoles et naturelles, il faut chercher à mieux utiliser le parc existant de logements en Bretagne. Or environ 13% des logements sont des résidences secondaires, et leur part augmente sur le long terme.
On peut commander ce livre en ligne sur la boutique de l’éditeur: https://www.pressespopulaires.bzh/produit/manifeste-pour-un-statut-de-resident-en-bretagne/

La proposition ici faite est de réserver le droit d’acheter des logements aux personnes résidant depuis un an au moins sur le territoire (plutôt à l’échelle des pays ou des intecommunalités que de la Région entière). De cette manière, il n’y aura pratiquement plus d’achats de résidences secondaires. Les nouveaux arrivants pourront acheter au bout d’un an, ce qui est une durée d’attente somme toute modérée, et ils auront ainsi la chance d’acquérir des logements pour moins cher qu’aujourd’hui, le marché étant libéré d’une partie de la demande.
Cette idée a suscité des réactions très négatives de la part de beaucoup d’élus: sénateurs, députés, maires, conseillers régionaux… même s’il y a quelques heureuses exceptions. J’ai pu mesurer l’écart entre les élus (même locaux) et la population, car dans les réunions publiques que j’ai pu animer (24 en Bretagne à ce jour), les réactions étaient très différentes!
À l’occasion de l’émission « J’ai une idée pour la France » du jeudi 18 novembre 2021, sur France 2, la chaîne a révélé une consultation donnant 60% d’opinions favorables au statut de résident. Un grand quotidien régional de l’ouest de la France avait également organisé une consultation en ligne, dont les résultats à ma connaissance ne furent jamais publiés, avec près de 80% d’opinions favorables (voir capture d’écran ci-dessous). Je précise que la formulation de la question ci-dessous n’est pas la mienne, et qu’écrire les choses de cette manière contribue à brouiller le débat. Le résultat n’en est pas moins significatif.

Parmi les opposants déclarés au statut, on trouve des membres du Rassemblement national, des Républicains, du Parti socialiste et du Parti communiste. Le texte le plus mensonger à ce jour parmi les responsables politiques de Bretagne est signé d’Ismaël Dupont, responsable départemental du PCF dans le Finistère, qui va jusqu’à modifier le nom du projet pour parler d’un « permis de résident » (laissant entendre qu’il s’agirait de filtrer les personnes s’installant sur le territoire) et en affirmant que le lieu de naissance servirait de critère. Informé de la réalité de notre proposition, il n’a jamais rectifié ses propos. Un bon exemple des méthodes de bien des opposants au statut, qui vont jusqu’à réinventer le projet en y plaquant des peurs fantasmées, pour mieux le critiquer…
Revue des contre-arguments fréquents:
-le statut créerait une opposition entre Bretons et non-bretons. Ceux qui utilisent cet argument mentent, ou sont insuffisamment informés, puisque le projet que propose l’UDB est fondé sur la seule notion de résidence, en aucun cas sur l’origine, la nationalité ou l’identité.
-le statut serait inconstitutionnel. Cet élément de langage a été avancé par Emmanuel Macron pour contrer le projet de statut de résident en Corse. Mais aucun argument sérieux n’est jamais venu l’étayer. En France, baser une différence de traitement sur la notion de domicile se fait déjà, à condition que cela puisse se justifier au regard de l’intérêt général ou de l’équité.
-les résidences secondaires ne seraient pas un problème, il suffirait de construire plus pour résoudre la crise du logement. Cet argument suppose que nous pourrions consommer nos terres agricoles et naturelles sans souci de nos capacités de production alimentaire, sans souci de la biodiversité et sans souci du réchauffement climatique. Un argument d’extraterrestre!
-la propriété est un droit reconnu par la Constitution. C’est vrai. Mais le statut de résident n’exproprie personne. Il régule un flux. C’est avec le temps, au fur et à mesure des remises de logements sur le marché, que les taux de résidences baisseront.
-le vrai problème serait la location, pas l’accès à la propriété. Peut-être, mais les deux sont liés! Quand il y a hausse des prix voire pénurie sur le marché de l’acquisition, cela ne peut que pousser à la hausse le marché locatif. A l’inverse, détendre le marché par une mesure qui réduira la demande en résidences secondaires permettra de réinjecter des logements déjà existants pour les besoins de la résidence principale, donc d’augmenter l’offre. Ce qui exercera une pression à la baisse sur les prix, à l’acquisition comme à la location (de là à dire que « les prix baisseront », il y a un pas un peu délicat à franchir, même si c’est probable: cela dépend aussi de l’évolution d ‘autres facteurs).
-la plate-forme AirBNB et assimilés pose des problèmes plus graves que les résidences secondaires à l’ancienne. En fait, elles posent exactement le même problème, mais avec des modalités légèrement différentes et pas toujours dans les mêmes lieux. Il n’y a aucune raison de choisir entre réguler la résidence secondaire classique et réguler les locations de courte durée; il faut faire les deux (il existe déjà des manières de réguler les locations de courte durée pour les communes volontaires).
-on ne peut pas le faire car il faudrait modifier la loi! Ca tombe bien, modifier la loi, c’est le boulot des députés et des sénateurs. Ils font ça tout le temps.
À noter: contrairement à une légende mal intentionnée, ni moi ni l’UDB n’avons appelé ce projet « statut de résident breton ». Breton peut en effet signifier plusieurs choses différentes et le lecteur peut croire avec cet adjectif qu’il s’agit d’un projet basé sur le lieu de naissance, l’identité, voire l’hérédité, ce qui n’est pas le cas. Pour éviter toute ambiguité l’UDB a pris l’habitude de parler de « statut de résident principal ».
Articles, entretiens, vidéos au sujet de ce projet (liste non exhaustive) :
Pour un statut de résident en Bretagne
https://www.letelegramme.fr/dossiers/immobilier-les-residences-secondaires-en-bretagne/
letelegramme.fr/morbihan/lorient/statut-de-resident-breton-qu-en-pensent-les-residents-secondaires-du-pays-de-lorient-06-11-2021-12861895.php
Bretagne : bientôt un statut de résident pour lutter contre la flambée de l’immobilier ? #FDS
https://reporterre.net/Seuls-les-locaux-pourront-etre-proprio-en-Bretagne-l-idee-seduit
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Rennes saturée? Une croissance à partager
J’ai publié ce livre en 2018, peu de temps après mon départ de Rennes. J’y traitais du problème de la métropolisation, à partir du cas rennais (choix effectué parce qu’il s’agissait de la seule métropole, hormis Paris, dans laquelle j’avais vécu suffisamment longtemps pour avoir un avis argumenté sur ses dynamiques territoriales). L’originalité du livre est qu’il ne traite pas des inconvénients de la métropolisation pour les territoires présentés comme les victimes des déséquilibres territoriaux: les zones rurales ou les petites villes qui perdent des activités, des services, éventuellement de la population. Ce thème avait déjà été largement traité et je n’avais pas grand-chose à y ajouter.

Mon but était en fait de traiter des inconvénients de la métropolisation pour les Rennais eux-mêmes, et plus largement pour les habitants de l’aire urbaine de Rennes. Toute la première partie est donc consacrée aux conséquences négatives de la concentration d’activités et de population, pour le logement, la mobilité, le patrimoine, l’environnement, la santé, etc. A l’époque, la concurrence territoriale était assumée par une majorité d’élus du Pays de Rennes, qui souhaitaient (ils l’ont écrit dans le Schéma de cohérence territoriale) la croissance la plus forte possible, y compris si cela devait se faire au détriment d’autres territoires. J’essayais donc d’expliquer qu’il s’agissait aussi d’un mauvais choix pour les habitants de la métropole.
Dans la deuxième partie, j’élargissais le propos en développant un argumentaire qu’on pourrait résumer ainsi: la course à la taille (en population notamment) n’amène pas forcément les bénéfices économiques attendus, et engendre des inconvénients trop souvent sous-estimés. J’y parlais aussi des inconvénients d’un développement en « îlots » des métropoles, c’est à dire des métropoles conçues comme un réseau de territoires à la pointe du progrès, et coupées de leur environnement régional.
Depuis, la situation a déjà évolué. Le discours sur la supériorité des métropoles a peu à peu été remplacé par un discours sur la complémentarité des territoires. Cela peut faire sourire, mais en politique, les mots comptent énormément. Ils façonnent des représentations, des cadres de pensée et d’action. Lors des municipales de 2020, dans presque toutes les grandes métropoles de France, des listes (souvent écologistes) ont défendu un modèle de développement plus solidaire et critiqué la course à l’attractivité. D’une manière que j’ai pour l’instant plus de mal à mesurer, il semble que les pratiques des élus de ces territoires évoluent aussi, avec forcément un temps de décalage par rapport aux discours. Nantes en particulier semble avoir pris conscience, avec un temps d’avance, de la nécessité d’une politique d’équilibre, qui pour diverses raisons ne peut fonctionner qu’avec le concours des métropoles elles-mêmes. A suivre.
Rennes saturée? Une croissance à partager. Nil Caouissin, Presses populaires de Bretagne, 2018. 12 euros.
Articles publiés à propos du livre, entretiens:
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Breizh a-gleiz

C’hwec’h eus an daouzek dilennad-rannvro a oa war al listenn Bretagne d’Avenir o deus savet ur strollad dilennidi anvet Breizh a-gleiz – emrenerezh, ekologiezh, broioù. Ur strollad a-gleiz hag ekologour eo, a-du gant emrenerezh hag adunvaniñ Breizh. En tu-enep emañ. Daou genprezidant en deus: Aziliz Gouez ha me.
Six des douze élus régionaux issus de la liste Bretagne d’Avenir ont formé un groupe d’élu-e-s appelé Breizh a-gleiz – autonomie, écologie, territoires. Il s’agit d’un groupe de gauche, écologiste, favorable à l’autonomie et à la réunification de la Bretagne. Il siège dans l’opposition. Il est co-présidé par Aziliz Gouez et moi.
Anvioù izili ar strollad – Noms des élus du groupe:
-Kristian Guyonvarc’h (UDB – Gwipavaz / Guipavas)
-Ana Sohier (UDB – Roazhon / Rennes)
-Valérie Tabart (ESNT – Lanreunan / Laurenan)
-Nil Caouissin (UDB – Kawan / Cavan)
-Gael Briand (UDB – An Oriant / Lorient)
-Aziliz Gouez (ESNT – Naoned /Nantes)
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Bretagne d’Avenir
Anv ul listenn evit dilennadegoù-rannvro 2021 e oa « Bretagne d’Avenir ». War ar renk e oa e Rannvro Breizh (hep Liger-Atlantel). Bodañ a rae danvez-dilennidi eus EELV, Bretagne Ecologie, UDB, Esnt, Nouvelle Donne, Générations, Radicaux de gauche, Génération écologie. 14,84% eus ar mouezhioù he doa dastumet al listenn d’an dro gentañ, hag 20,22% en eil tro. Daouzek dilennad he deus bet, an holl en tu-enep. Me a oa war ar renk en eil plas en Aodoù-an-Arvor.
« Bretagne d’Avenir » est le nom d’une liste de candidat-e-s aux élections régionales de 2021, pour la région administrative Bretagne (sans la Loire-Atlantique). Elle rassemblait des candidat-e-s d’EELV, de Bretagne Ecologie, de l’UDB, d’Esnt, de Nouvelle Donne, de Générations, des Radicaux de gauche et de Génération écologie. Elle a obtenu 14,84% des voix au premier tour et 20,22% au second. Les douze élu-e-s issus de cette liste siègent dans l’opposition. J’étais pour ma part candidat en deuxième position dans les Côtes d’Armor.
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UDB

Ezel on eus Unvaniezh Demokratel Breizh (UDB). Ur strollad emrenour hag ekologour eus an tu-kleiz eo. Savet e oa bet e 1964, hag embannet e vez ur gelaouenn viziek gant ar strollad dibaoe, Le Peuple breton – Pobl vreizh. Ezel eo UDB eus ar gevredad Rannvroioù ha Pobloù Kengred (RhPK) a vod aozadurioù kevredadelour e Bro C’hall, hag eus Emglev Dieub Europa, a vod strolladoù politikel en Europa evit difenn gwirioù ar pobloù (gwirioù demokratel, sevenadurel, sokial, emdermeniñ) ha sevel un Unaniezh demokrateloc’h.
Je suis membre de l’Union démocratique bretonne (UDB). Il s’agit d’un parti autonomiste, écologiste et de gauche, fondé en 1964, et qui publie depuis un magazine mensuel, Le Peuple breton – Pobl vreizh. L’UDB est membre de la fédération Régions et Peuples Solidaires (R&PS) qui regroupe des organisations fédéralistes en France, et de l’Alliance Libre Européen (ALE), alliance de partis politique en Europe pour défendre les droits des peuples (droits démocratiques, culturels, sociaux, autodétermination) et pour construire une Union européenne plus démocratique.
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Ur ger pe zaou diwar ma-fenn – Quelques mots sur moi
Ganet on e Pariz, e 1991, ha deuet e oan da Vreizh da vevañ e 2012. E Roazhon da gentañ, ha diwezhatoc’h, Lannuon evit ur prantad berr, Kawan bremañ. O chom e oan bet e Kemper, hag e Naoned ivez, darnamzer, evit abegoù micherel. Goude studioù war an istor hag ar geografiezh am eus bet ar chañs da labourat evit strollad UDB e ti-kêr Roazhon, gant Ana Sohier dreist-holl, a oa e-karg eus ar politikerezh yezh hag eus ar glad. Desket brezhoneg ganin e Skol An Emsav, setu ‘m eus adkroget gant ar studioù evit ur prantadig: aotreegezh war ar brezhoneg, CAPES master MEEF (kelenn). Kelenner war an istor, ar geografiezh hag ar brezhoneg on abaoe 2016.
Je sui né à Paris, en 1991, et me suis installé en Bretagne en 2012. À Rennes d’abord, puis, un peu plus tard, à Lannion pour une courte période, et finalement à Cavan. J’ai aussi séjourné à Quimper, et à Nantes, pour raisons professionnelles. Après des études d’histoire et de géographie, j’ai eu la chance de pouvoir travailler pour le groupe UDB à la Ville de Rennes, en particulier pour Ana Sohier, qui était alors en charge de la politique linguistique et du patrimoine. Une fois appris le breton à Skol an Emsav, j’ai repris des études (en accéléré): licence de breton, CAPES et master MEEF (enseignement). Je suis donc depuis 2016 professeur d’histoire, de géographie et de breton.
Abaoe 2010 on ezel eus UDB. Kargoù lieseurt am eus bet: e-karg eus kevrenn Pariz (da lavaret eo aozañ gwerzhadegoù ar gelaouenn Pobl vreizh diraj ti-gar Montparnasse, dreist-holl), eus aferioù etrevroadel UDB Yaouank, eus UDB Yaouank dre vras, e-karg eus kevrenn Roazhon, ha mouezh-aotreet ar strollad eus 2014 da 2019.
Je suis aussi membre de l’UDB, depuis 2010. J’ai eu des fonctions variées: responsable de la section de Paris (c’est à dire surtout organiser des ventes du Peuple breton devant la Gare Montparnasse), des relations internationales de l’UDB Jeunes, de l’UDB jeunes en général, responsable de la section de Rennes, et porte-parole du parti de 2014 à 2019.
E 2021 e oan bet dibabet gant UDB da vezañ war ar renk evit an dilennadegoù-Rannvro, asambles gant kamaraded all, war al listenn Bretagne d’Avenir (gant EELV, ESNT, ha meur a strollad all eus an tu-kleiz). Pevar eus UDB zo bet dilennet, me en o zouez, diwar daouzek ezel eus hol listenn. En tu-enep emaomp e Kuzul-rannvro Breizh.
En 2021, j’ai été investi par l’UDB pour la candidature aux élections régionales, avec d’autres camarades, sur la liste Bretagne d’Avenir (avec EELV, ESNT et plusieurs autres partis de gauche). Quatre membres de l’UDB ont été élus, dont moi-même, et au total douze membres de notre liste. Nous siégeons dans l’opposition au Conseil régional de Bretagne.
