Temoù – Thèmes:
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La Caisse d’Epargne veut plus de résidences secondaires
On m’a signalé aujourd’hui une publicité de la Caisse d’Epargne Bretagne – « Pays de la Loire » pour l’investissement dans une résidence secondaire. Une publicité franchement problématique dans le contexte de crise du logement que nous connaissons… la Caisse a carrément lancé un site spécialisé dans le conseil à l’achat de résidences secondaires, avec optimisation du prêt, conseils pour la location saisonnière, etc.

Cette publicité suscite un déluge de commentaire d’internautes bretons, certains furieux, d’autres ironiques, mais en tout cas jamais positifs. Plusieurs personnes envisagent déjà de changer de banque.


Suite à cet épisode, j’ai écrit au Président du directoire de la Caisse d’Epargne Bretagne – Pays de Loire pour lui expliquer le problème et lui suggérer une adaptation de sa politique commerciale. Le courrier est lisible ici:

Le lendemain, la Caisse d’Épargne se défendait dans Ouest-France en indiquant « répondre à une demande » et ne pas « faire le marché ». Qu’il y aurait de toute manière des achats de résidences secondaires, c’est indéniable. Mais quand on consacre un site promotionnel à ce seul type d’achat, quand on finance des affiches publicitaires pour les résidences secondaires, on ne fait pas que « répondre à une demande ». On contribue à la susciter. C’est bien là le problème.
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Une politique régionale du logement?

Le groupe Breizh a-gleiz au Conseil régional de Bretagne est très engagé sur la question du logement. Lors de la campagne de l’élection régionale en 2021, j’avais porté la proposition d’un statut de résident principal pour réduire la demande en résidences secondaires là où elle est excessive. Notre liste, Bretagne d’Avenir, proposait aussi de créer un Office foncier solidaire régional. Dans les différentes commissions où nous siégeons, dans les discussions du Conseil régional, dans les votes, dans les mobilisations de terrain, nous sommes fortement engagés pour plus de régulation du marché et pour privilégier l’usage du parc de logements existants par les habitants à l’année.
A l’automne 2022, le Conseil régional de Bretagne s’était lancé dans une série de réunions préparatoires à une feuille de route régionale sur le logement (à l’heure où j’écris ces lignes, cette feuille de route n’a pas encore vu le jour). Dans ce cadre, le groupe Breizh a-gleiz avait déposé une contribution globale sur la politique du logement, un document tiré de plus d’une année de travail et de rencontres de notre groupe, notamment la journée de débat de Ploemeur (février 2021). Ce document a été présenté et débattu lors d’une journée à Vannes, en novembre 2022.
On peut le consulter ici: https://udb.cognix.cloud/index.php/s/Uh2Z0HsV9viFO9n
Il contient en résumé un chapitre d’analyse -les causes de la tension du marché, et l’identification de celles sur lesquelles il est possible d’agir- et un chapitre de propositions, avec des idées applicables dès maintenant et d’autres qui supposent une évolution de la loi. Bonne lecture!
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Au Pays Basque, le statut de résident pour réguler l’immobilier?
Le journal Sud-Ouest vient de publique un sondage en préalable à une journée de débat sur le logement à Bayonne, le 23 mars, à laquelle j’ai été invité à contribuer: https://evenements.sudouest.fr/2023-immo-pb.

Le sondage qui vient de paraître (1) sur le logement au Pays Basque est riche d’enseignements, et peut interpeler au-delà de ce territoire. Notamment en Bretagne où des problématiques similaires se posent dans les zones insulaires, littorales et rétro-littorales.
Sur le territoire du Pays Basque, où l’on observe à la fois une forte attractivité résidentielle et touristique, le développement des locations de courte durée combiné à une proportion élevée de résidences secondaires entre en conflit avec les besoins de logement à l’année. Il n’est donc pas surprenant de constater que la population est très largement favorable à des mesures de régulation de l’immobilier.
On trouve ainsi dans le trio de tête des solutions plebiscitées par les sondés:
-Agir sur les lois et la fiscalité pour favoriser la location à l’année (33%)
-Obliger les propriétaires de logements non occupés à les louer et à les vendre (26%)-Instaurer un statut de résident qui donne une priorité pour l’accès à la propriété aux personnes qui résident depuis un certain temps dan la région (25%)
Ces mesures de régulation arrivent loin devant les mesures favorisant la production: « libérer des terrains pour construire de nouveaux logements » (6%), « Construire des bâtiments un peu plus élevés dans certains secteurs » (5%), « densifier les centre-villes » (2%).
On note que le statut de résident fait partie des pistes les plus sérieuses pour la population concernée.
Bien entendu, ces mesures ne sont en faites pas forcément incompatibles entre elles (on peut à la fois produire et réguler, on peut à la fois favoriser la location à l’année et créer un statut de résident, etc). Mais la démarche a l’intérêt de montrer où sont les priorités politiques pour la majorité des personnes interrogées.
Il serait intéressant d’effectuer le même sondage en Bretagne, pour nourrir le débat démocratique au sujet des problèmes de logement.
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Quelle trajectoire pour le budget breton et gallo au Conseil régional?
Intervention sur le budget des langues de Bretagne lors de la session des 13, 14 et 15 février 2023 du Conseil régional. « Quelle déception, moins de deux ans après notre élection, de voir que les promesses de campagne semblent déjà remisées.
Le Plan Marshall qui devait tripler le budget de la politique linguistique, se transforme en baisse pour la langue bretonne, présentée comme une hausse globale en escamotant une DM. Mais tout le monde a bien compris qu’il y a baisse, dans cette assemblée comme à l’extérieur, je vous renvoie à l’analyse du Conseil culturel de Bretagne, notamment.
L’engagement à sanctuariser le budget n’est même pas tenu. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi le travail de projection pluriannuelle sur le budget de la politique linguistique, travail mainte fois demandé, n’a pas été réalisé.
Le revirement paraît si fort que j’ai douté de mes propres souvenirs. Je suis donc allé consulter le site internet de campagne d’une liste aujourd’hui représentée dans la majorité. J’y vois en première page une photo de la tête de liste et de l’actuel Président du Conseil régional, avec une liste d’engagements communs, dont le « Plan Marshall des langues ».
Allons lire ce qui y est écrit en matière budgétaire : on trouve dans le fameux plan l’engagement, je cite, d’« augmenter de manière considérable le budget de la Région consacré à la politique linguistique. Dès l’année 2022, le Conseil régional de Bretagne consacrera à la politique linguistique un ratio de 7 euros par habitant, comme en Corse, soit la somme annuelle de 24 millions d’euro. Cet effort permettra de mener à bien tous les engagements souscrits devant les Bretonnes et les Bretons et notamment les bourses allouées aux futurs enseignants. » Cet engagement, ce n’était pas le mien, mais c’est celui de la majorité.
Autre engagement de la majorité, celui de « la garantie universelle de pouvoir accéder à des formations en breton ou en gallo », et là encore je cite les propos exacts tenus pendant la campagne électorale. Une garantie universelle, vaste programme, chantier difficile, je vous l’accorde ; il s’agit, si l’on prend le mot universel au sérieux, non seulement de financer les formations pour un nombre potentiellement non limité de demandeurs, de négocier avec leurs employeurs, et de garantir des maintiens de salaire. Enlevez un de ces critères et le mot universel n’a plus de sens. Je ne vois pas comment vous tiendrez ne serait-ce que la moitié de cet engagement sans progression du budget dédié.
On s’interroge en effet, à la lecture du document, car vous n’expliquez pas quels dispositifs seront réduits ou supprimés, par les effets conjugués de la coupe budgétaire et de l’inflation. Le CESER s’étonne poliment de la mention du simple maintien des financements pour l’Office public de la langue bretonne (OPLB) « alors que le Conseil régional insiste sur son rôle pour l’aménagement linguistique de la Bretagne et pour favoriser l’usage social quotidien de la langue bretonne », et liste les besoins de financements supplémentaires qui ne seront pas satisfaits.
Le Conseil culturel de Bretagne est plus clair encore : « La régression du budget 2023 risque de mettre des structures en danger et de compromettre la réalisation de projets nécessaires. Il note par ailleurs une inadéquation de ce budget avec la nouvelle Convention spécifique, qui engage la capacité d’initiative des structures associatives afin d’atteindre les objectifs fixés. »
je cite à nouveau : « La stagnation du budget ne suffira pas à la survie et au redéploiement de nos langues. Le Conseil culturel souhaite par conséquent que soit ajusté le budget 2023 consacré aux langues de Bretagne afin qu’il reste dans une dynamique de hausse nécessaire, considérant l’ensemble du budget 2022 d’une part, et l’inflation d’autre part. »Bref, pour répondre aux engagements pris, pour mener une politique de développement et non une politique d’enterrement, il faut revoir la copie. Vous nous avez parlé d’une DM (Décision modificative) à venir sur ce programme. Mais si vous savez déjà que ce budget est insuffisant, il faut prendre les amendements qui corrigent le problème. »
Intervention sur le budget des langues de Bretagne, le 13 février 2023.

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Propositions pour le budget 2023 de la Région
Discours de politique générale – Session budgétaire des 13, 14 et 15 février 2023.
Chers collègues,
Les prix flambent. En plus de la crise du logement, voici la crise de tout ce qui touche à la vie quotidienne. Energie, nourriture, assurances diverses, et il faut y ajouter la menace de la réforme des retraites. Dans ce contexte de crise sociale il est encore plus difficile de travailler à la réduction de nos émissions de CO2 et à la réduction de notre empreinte sur l’environnement, alors que la transition écologique est plus que jamais une urgence.
Dans ce contexte, que fera la Région ? Notre responsabilité est de faire des choix politiques pour orienter l’action publique, malgré la force des courants contraires. Or ces choix sont bien difficiles à lire dans ce budget primitif.
Le budget qui nous est proposé prévoit par exemple d’augmenter la fiscalité pesant sur l’achat d’un véhicule individuel. C’est un choix politique. Mais en même temps on nous propose d’augmenter les prix des transports collectifs. Difficile de s’y retrouver ! Nous proposons au contraire dans un amendement de ne pas augmenter les tarifs de BreizhGo. Ce serait envoyer un signal clair aux Bretonnes et aux Bretons : Oui, la Région veut que le réseau de transports régionaux devienne une alternative à l’automobile individuelle.
Autre exemple, plus parlant encore :
La restauration collective. Il nous paraît urgent d’augmenter le tarif pivot, sans attendre de longs mois supplémentaires. Comment penser que le coût réel des repas dans les lycées pourrait rester stable en 2023 par rapport à 2022 quand les prix de l’énergie et des aliments ont déjà connu des augmentations à deux chiffres depuis un an ? L’évidence saute aux yeux : si l’on n’augmente pas le budget de la restauration scolaire, les économies seront faites sur la qualité. Moins de bio, moins de produits locaux, les deux sans doute. Un drame quand on sait la gravité de la crise que traversent les producteurs bio. Il y au contraire urgence à maintenir et développer l’approvisionnement en bio, rapidement. A augmenter l’effort pour acheter aux agriculteurs et aux transformateurs locaux. Oui, il y faut plus d’argent, comment le nier ? Nous proposons une base de 5 millions d’euros d’augmentation ; un minimum selon nous.
Il y a une cohérence à aider le service public à s’approvisionner en produits bios, et en même temps à appuyer le développement de l’agriculture biologique. Nous faisons aussi des propositions sur ce terrain, ainsi que pour la préservation des prairies et de l’élevage bovin herbager. Oui, il y a un avenir pour l’élevage en Bretagne. Un avenir qui passe par un volume de production adapté aux ressources que la Bretagne peut fournir, au lieu d’importer l’alimentation animale. Un avenir qui passe par une alimentation plus qualitative du bétail, par des produits vendus à un prix rémunérateur. Nous retrouvons la logique de nos propositions : encourager à produire mieux, être prêts à payer les efforts.
Et comment financer tout cela, me direz-vous ? Nous faisons des propositions, des choix. Ces choix sont le fruit de notre analyse des priorités : accélérer la transition écologique, renforcer la solidarité, et donner des raisons d’espérer malgré les difficultés et les incertitudes. Oui, il faut aider certaines entreprises, aider au développement, à la transmission, à la création d’entreprises. Mais lesquelles ? Pour nous, c’est une perte sèche d’argent public que de financer la production de soucoupes flottantes pour les émirs du Golfe – et je ne parle pas du golfe du Morbihan ! De l’argent perdu toujours, du point de vue de l’intérêt général, c’est celui qu’on dépense pour attirer des touristes vers des zones qui font déjà largement le plein pendant l’été. Arroser là où il pleut toujours et où l’herbe est grasse, ce n’est pas une bonne politique, en particulier quand les temps sont durs pour les finances publiques. Il vaut mieux à notre avis utiliser cet argent pour nos services publics, pour aider nos entreprises via une politique d’approvisionnement public de qualité.
Longtemps l’idée de création d’emploi a été au centre du débat politique en Bretagne. Pour de bonnes raisons. Mais en bien des lieux aujourd’hui, c’est le recrutement qui est devenu difficile, tant et si bien qu’on se demande quelles activités devront réduire la voilure. Or on ne sait que trop bien ce qu’impliquera le manque d’infirmières, de médecins, de paysans, de conducteurs de bus, de professeurs, d’ouvriers, et j’en passe.
Les causes de ces difficultés de recrutement sont multiples, mais nous savons que la crise du logement arrive en tête. Il est donc urgent d’augmenter les moyens de l’Etablissement public foncier, si nous voulons permettre aux communes de produire plus de logements en renouvellement urbain. Il faudra aussi des moyens pour mettre sur pied un Office foncier solidaire pour la Bretagne avec les autres niveaux de collectivités. Car si les expériences de bail réel solidaire, dissociant la propriété du foncier et du bâti, tendent à se multiplier, elles réclament un ingénierie juridique et de projet que les intercommunalités de petite taille ne peuvent pas financer. Nous avons aussi besoin de pousser plus loin la réflexion sur la régulation du marché de l’immobilier, et c’est pour cela que nous proposons le financement d’une nouvelle étude, après avoir lu dans le projet de budget primitif que celle que nous avions votée l’année dernière ne concernait finalement que le volet production. Or, le logement le plus facile à proposer est celui qui est déjà là, et la Bretagne est riche en logements. Les Bretons, pas forcément !
Sur ce sujet, la loi a bougé et pourrait bientôt bouger encore. C’est l’occasion rêvée pour la Région de demander clairement le pouvoir d’organiser la régulation de l’immobilier en Bretagne, et d’ apporter ainsi une réponse aux attentes des élus locaux. Ils sont de plus en plus nombreux à revendiquer la possibilité d’adapter la réglementation pour mener des politiques volontaristes, adaptées aux particularités de leur territoire. Il n’est pas acceptable que le droit du logement fixé par l’État central permette que se développent sur des territoires toujours plus nombreux en Bretagne de véritables situations de ségrégation sociale et générationnelle.
Et puisque j’en suis à mentionner les échanges avec l’État… je dois dire que je suis ébahi de voir un exécutif régional qui il y a un an signait un accord ambitieux avec l’État pour les langues de Bretagne, prêt aujourd’hui à voter une baisse – oui une baisse, si l’on compte bien- sur le budget de la langue bretonne. Où est passé le « Plan Marshall » promis aux Bretonnes et aux Bretons pendant la campagne des régionales ? A force de le promettre pour plus tard, on y arrivera peut-être pour le centenaire du vrai Plan Marshall. J’y reviendrai durant les débats. Mais si les sommes inscrites au budget primitif ne bougent pas, la crédibilité de ceux qui ont promu ce plan sera sérieusement entamée.
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Kinnigoù evit budjed 2023 ar Rannvro
Prezegenn politikerezh hollek – Dalc’h war ar budjed, d’an 13, 14 ha 15 a viz c’hwevrer 2023.
Keneilezed ha keneiled kaer,
Kreskiñ trumm a ra ar prizioù. Goude enkadenn al lojañ, setu deuet enkadenn ar vuhez dre vras. Energiezh, boued, asurañsoù lieseurt, ha ret eo ouzhpennañ gourdrouz adreizh al leveoù. Diaesoc’h c’hoazh eget da gustum eo mont war-zu an digreskiñ skignadennoù CO2 ha gwareziñ hon endro, er mare-mañ, daoust m’eo hollret ha mallus mont buanoc’h gant an treuzkemm ekologel.
Er saviad-mañ, petra a raio ar Rannvro ? Dibaboù politikel a zo d’ober evit sturiañ hor bag daoust ha pegen kreñv e vefe red an dour. An dibaboù-se n’int ket splann atav.
Er budjed kinniget deomp da skouer e vefe kresket an taosoù war an dud a bren kirri-tan. Un dibab politikel eo. Met eus un tu all e kreskfe ivez prizioù an treuzdougen foran. Diaes eo da gompren ; kinnig a reomp er c’hontrol un enkemmad evit nullañ kresk an tarifoù Breizhgo. Kaset e vo evel-se ur sin splann d’ar Bretonezed ha d’ar Vretoned : ya, fellout a ra d’ar Rannvro ober eus an treuzdougen a-stroll un ostilh evit digreskiñ implij ar c’hirri-tan hiniennel.
Skoueriusoc’h c’hoazh : ar predoù a-stroll el liseoù. Deomp-ni ez eo pouezus ha mallus kreskiñ an tarif-diazez, hep gortoz mizioù hir ouzhpenn. Penaos soñjal e c’hallfe koust gwirion ar predoù el liseoù chom stabil e 2023, e-keñver 2022, o c’houzout ez eus bet kreskoù bras dija abaoe bloaz war prizioù an aozennoù ? Anat e tle bezañ evit an holl : ma ne uheler ket ar budjed evit ar pretioù-skol e vo espernet war kalite ar boued. Nebeutoc’h a bio, pe nebeutoc’h a broduioù lec’hel, an daou marteze. Mantrus eo pa ouezer ez eo tizhet al labourerien-douar bio gant un enkadenn eus ar grevusañ. Dav eo mirout ar pourveziñ bio ha kreskiñ anezhañ buan. Dav eo strivañ muioc’h evit prenañ da labourerien-douar ha da dreuzfurmerien ar vro. Dav eo lakaat un tamm mat muioc’h a arc’hant, anat eo. Un diazez eo ar 5 milion a ginnigomp ; hervezomp, n’haller ket kinnig nebeutoc’h.
Poellek eo sikour eus un tu ar servij foran da brenañ produioù biologel, ha sikour eus un tu all diorren al labour-douar biologel. Kinnigoù a reomp war an dachenn-se ivez, hag evit gwareziñ ar pradoù hag an desevel saout diwar geot. Ya, un dazont a zo evit an desevel loened e Breizh. Un dazont a dremen dre loened maget diwar ar boued a c’hall hor bro produiñ, hep enporzhiañ magadur ar chatal ; un dazont a dremen dre loened maget gwelloc’h, dre produioù gwerzhet d’ur priz dereat. Adkavout a reomp kempoell hor c’hinnigoù : broudañ da broduiñ gwelloc’h, bezañ prest da baeañ gwelloc’h.
Ha penaos arc’hantaouiñ kement-se, emezit-c’hwi ? Kinnigoù a reommp, ha dibaboù. Dibaboù deuet eus hon dielfennadenn war ar prantad a vevomp : buanaat an treuzkemm ekologel, kreñvaat ar c’hengred, ha reiñ d’an dud peadra da gaout spi en dazont daoust d’an trubuilhoù ha d’an diaesterioù. Ya, ezhomm zo da sikour embregerezhioù zo, sikour o diorren, o zreuskas, o c’hrouiñ. Met pere ? Arc’hant kollet eo hervezomp skoazell produiñ tiez cheuc’h war-neuñv evit emired ar Pleg-Mor. Ha ne gomzan ket eus hini Morbihan ! Arc’hant kollet, evit ar mad hollek, desachañ tud war-zu kornioù-bro leun a douristed dija e-pad an hañv. Dourañ lec’h ma ra glav atav, ha ma chom druz ar geot, n’eo ket reizh, dreist-holl pa vez lakaet diaes ar budjedoù foran. Gwelloc’h deomp implijout ar sammadoù-se evit ar servijoù foran, evit sikour hon embregerezhioù lec’hel dre ur politikerezh pourveziñ foran a-galite.
E-pad pell e oa bet e-kreiz ar preder politikel e Breizh ar mennozh krouiñ implijoù. Reizh e oa. Met e meur a lec’h eo deuet diaes tuta, kement ma n’em c’houlenner peseurt oberezhioù a zigresko en dazont diwar an diouer a labourerien-ezed. Hag an heuliadoù… gouzout a reomp mat petra dalvez ma n’eus ket a-walc’h a skoazellerezed-ti, ma n’eus ket a-walc’h a glañvourien hag a vedisined, ma n’eus ket a-walc’h a labourerien-douar, a vlenierien kirri-boutin, a gelennerien, a vicherourien, hag all.
Meur a abeg zo d’an diaesterioù-tuta, met en o fenn emañ priz al lojañ. Ezhomm a vo neuze da greskiñ budjed an Diazezadur Publik war ar Font, ma fell deomp sikour ar c’humunioù da grouiñ muioc’h a lojiri diwar adneveshaat o zachennoù kêriekaet. Ezhomm a vo da bostañ arc’hant evit krouiñ un Ofis kengred war ar Font, skoaz-ouzh-skoaz gant ar strollegezhioù all. Rak ma welomp o paotaat an taolioù-arnod gant ar Feurm Gwirion kengred, a zisparti ar savadur diouzh an dachenn, gouzout a reomp avat e c’houlenn barregezhioù war ar gwir ha war ar raktresoù, d’ul live na gaver ket er c’humuniezhioù-kumunioù bihan. Ezhomm a vo da vont pelloc’h gant ar preder war reolenniñ ar marc’had ivez, hag alese ar studiadenn a ginnigomp, pa lennan en ho tiell-budjed ne oa bet graet ar studiadenn gentañ nemet war ar politikerezh produiñ. Al lojeiz aesañ da ginnig eo an hini savet dija, ha pinvidik a lojeiz eo Breizh. Met kement-se n’eo ket gwir evit ar Vretoned.
Emañ an traoù o cheñch war dachenn al lezenn. Dleout a rafe ar Rannvro goulenn splann ar galloud da aozañ reolennadur ar marc’had e Breizh ; kement-se a glot gant goulennoù an dilennidi lec’hel, o dez c’hoant alies da sevel politikerezhioù youlek diouzh dibarderioù o ziriad, da gaout un tamm galloud evit azasaat ar reolennoù broadel ouzh o gwirvoud. N’hallomp ket asantiñ kenderc’hel gant lezennoù war al lojañ, divizet gant ar Stad kreiz, hag a laosk frailhoù ken don da zispennañ hor c’hevrededigezh, hag a grou un disparti sokial ha rummadel dic’houzañvus e Breizh.
Ha pa venegan an darempredoù gant ar Stad… dav eo din lâret e choman alvaonet o welet ur bodad seveniñ en doa sinet gant gred, ur bloaz zo un emglev youlek evit Yezhoù Breizh gant ar Stad, prest hiziv da votiñ un digresk, ya un digresk, pa gonter mat, war budjed ar brezhoneg. Pelec’h emañ ar « Plan Marshall » prometet d’ar Bretonezed ha d’ar Vretoned e-pad ar c’houlzad-kabaliñ ? Dre forzh prometiñ anezhañ evit an amzer dazont en em gavimp ouzh e votiñ, marteze, evit lid kantvloaziad ar Plan Marshall gwir ! Lâret a rin muioc’h e-kerzh an tabutoù. Met ma ne cheñch ket ar sammad lakaet er raktres-budjed e vo lakaet fall brud ar re o deus difennet anezhañ.
Evit selaou ar brezegenn: https://new.synople.tv/vod/27246?s=1850&e=2896&odj=hide
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Un dibab diboell diwar-benn ar politikerezh yezh er Rannvro
Betek 2022 e oa lakaet ar politikerezh yezh e domani ar stummadurioù hag al liseoù, er rummata strategel dre brogramm. Dibabet e oa bet avat gant ar muiañ-niver troc’hañ ar politikerezh yezh diouzh ar sujedoù-se, da vare estez ar 15 hag ar 16 a viz kerzu 2022. Komzet em boa a-enep.
Keneilezed ha keneiled kaer
Evit displegañ deoc’h an daou enkemmad kinniget gant ar strollad Breizh a-gleiz e fell din kregiñ dre saludiñ Lena Louarn, a oa bet e-karg eus ar politikerezh yezh en daou respetad tremenet. Anavezet mat eo he labour gant an holl. Ober a ran dave anezhi amañ peogwir eo un tamm eus he labour a vo foeltret ma voter a-du gant ar rummata nevez a ginniger deomp.
An treuskas eo kalon ur polikerezh yezh adperc’hennañ efedus. Treuskas dre ar skol, ya, evel-just, met dre ar stummadur evit an dud deuet ivez, ha setu amañ ur varregezh rannvroel. Un ostilh ret eo evit dont-a-benn gant holl balioù hor politikerezh yezh, abalamour d’an troc’h en treuskas-familh, un troc’h hag a zo pennabeg d’ar feurioù izel-kenañ a yezherien e poblañs an dud en oad da labourat hiziv-an-deiz.
Gwir n’eo ket diboell, war ar paper, lakaat « Yezhoù Breizh » gant an obererezhioù sevenadurel pe an dudioù, met dibolitikaat a ra ar sujed da vat, ha troc’hañ a ra anezhañ diouzh kraf ar stummadur.
Peseurt liammoù a vo posubl etre ar brezhoneg, ar gallaoueg, ha programmoù all ar gefridi 3 (sinema, levrioù, skingomz, arvestoù, obererezhioù sevenadurel), ya peseurt liammoù, ma ne gaver ket war an holl dachennoù-se a-walc’h a dud a-vicher, gouest d’ober gant ar brezhoneg pe gant ar gallaoueg ? Tud en o bleud evit labourat ganto ? Alese e tlefe ar bezhoneg hag ar gallaoueg bezañ lakaet gant ar gefridi 2.
Ur sin fall eo neuze lakaat programm « Yezhoù Breizh » er gefridi 3 e-barzh ar rummata nevez, ur sin fall evit an holl Vretonezed ha Bretoned a c’hortoz ur politikerezh adperc’hennañ youlek. Gwashoc’h c’hoazh pa weler eo bet tennet ar ger « diorren » a yae betek-hen gant « Yezhoù Breizh ». Mont a ra kement-se pell diouzh ar youl a zo bet lakaet en emglev Stad-Rannvro.
Keneiled eus ar muiañ-niver, asantiñ a ran disklêriañ oc’h bet youlek a-walc’h war tachenn ar politikerezh yezh e penn-kentañ ar respetad. Kreskiñ a ra ar budjed adarre. Asantet eo bet, goude un tabut bennak pe daou, aozañ an dalc’hoù diouzh ma c’hellfer komz e brezhoneg pe e gallaoueg en o c’herzh. Un emglev youlek zo bet sinet gant ar Stad. Met bremañ e weler sinoù negativel a zeu da drubuilhañ al lañs-se, ha marteze da drenkañ ar soubenn. Ha mont war-gil a rafemp ?
Mont war-gil, ya, war talvoudekaat ar brezhoneg, dre ma skriver muioc’h-mui ar gerioù brezhoneg bihan-tout dindan ar gerioù gallek, pe war pajenn diwezhañ un diell pa lakaer ar galleg war ar bajenn gentañ. Ouzhpenn ur skouer am eus bet nevez-zo, war teuliadoù, pedadennoù, pe panellerezh ar Rannvro. Ur skouer negativel a roer amañ. Petra a lavarimp d’ar Stad ma ne zouj ket ouzh e endalc’hioù war an divyezhegezh ? Ha goulennet e vo outi ober ar pezh emañ ar Rannvro o tilezel hec’h-unan ?
Mont war-gil a rafed ivez, war a glever, pa sav mouezhioù evit nac’hañ ar pannelloù-hent divyezhek galleg-brezhoneg, ar pezh a yafe a-enep an Emglev Stad-Rannvro, hag a-enep youl Breizh-Uheliz o-unan. Degas a ran amañ d’ho soñj disoc’h ur studiadenn urzhiet gant ar Rannvro, hag a ziskouez eo a-du ar braz eus an dud gant ar panelloù divyezhek, eus Felger da Blogo, pe da Sant-Nazer. D’am soñj e tlefe bezañ doujet ouzh ar youl-se.
Keneiled eus ar muiañ niver, o kemer preder eus kement-se, chomomp hep kas ur sin negativel ouzhpenn. Na zistroomp ket war un dibab istorel hag a-bouez-ruz evit ma raio bec’h ar politikerezh yezh : lakaat ar politikererezh adperc’hennañ yezhel e rummad ar stummadur, an heñchañ micherel hag an implij.
Pa n’eo ket gwall sklaer c’hoazh ha derc’hel a raio da vat ar Stad ouzh e endalc’hioù e gwirionez, e vefe un taol fall reiñ da grediñ emañ ar Rannvro o kilaat, ha pa vefe en ur mod arouezel, pe o lec’hiañ fall ar c’hrafoù pouezusañ, pe c’hoazh o tiskouez ur youl amsklaer.
Setu ma kinnigomp daou enkemmad. Unan evit adlakaat ar politikerezh yezh e domani ar stummadur. Unan all evit kadarnaat ur youl, reiñ ur ster politikel. An hini kentañ an hini pouezusañ evel-just, met abalamour d’ar c’hiladennoù emaon o paouez menegiñ, n’eo ket ken dister-se pouez arouezel un titl.
Ho trugarekaat.
Nil Caouissin
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Combien de mensonges faut-il pour discréditer le statut de résident?
Je découvre aujourd’hui, avec un mélange d’amusement et de lassitude, un article particulièrement représentatif des critiques associées au projet de statut de résident principal – projet que j’ai défendu, notamment, dans le Manifeste pour un statut de résident en Bretagne (2021). Pour faire simple, le but du statut de résident principal que je propose est de restreindre très fortement les achats de résidences secondaires dans les zones où elles posent de grave problème d’accès au logement pour les résidents à l’année, en posant une condition de vie sur le territoire depuis au moins un an pour pouvoir acheter un logement.
Voici le lien vers l’article du GRIB, « Groupe information Bretagne »: https://le-grib.com/les-autonomistes-reclament-un-statut-de-resident/
Et sa conclusion: « Il s’agit donc bien d’une revendication ethniste que l’on attendrait de l’extrême droite plutôt que de partis qui se présentent sous habillage de gauche. Le socle idéologique des autonomistes reste bien celui de Breiz Atao. «
Ci-dessous, revue des contre-vérités qui permettent d’aboutir à cette conclusion.
1-L’article commence par expliquer que le statut de résident est une proposition des indépendantistes corses. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas toute la vérité. Ce statut est également défendu par les autonomistes corses, et surtout, le projet de statut de résident en Corse a été adopté à l’époque où les nationalistes n’avaient pas encore gagné les élections! En effet, à l’époque du vote (2014), le président du Conseil exécutif de Corse s’appelait Paul Giaccobi. Membre du PRG, il avait gagné les élections territoriales de 2010 à la tête d’une liste d’union de la gauche. Le projet de statut de résident en Corse fédère donc bien au-delà des rangs des indépendantistes… mais cette réalité ne servant pas le propos de l’article polémique qui m’est consacré, elle est tout simplement passée sous silence. On appréciera la méthode.
-Très vite on passe du mensonge par omission au mensonge tout court: « ce libelle a pour but de « protéger les Bretons » de l’invasion de leur territoire par des étrangers à leur peuple. » Je ne sais pas d’où l’auteur de l’article tire sa citation, car je ne crois pas l’avoir écrite ou prononcée où que ce soit, et certainement pas dans le sens de l’interprétation qui l’accompagne. Fort opportunément, l’auteur ne donne pas de référence pour cette pseudo-citation. Mais elle lui permet d’affirmer que la mesure vise les étrangers, ce qui n’est pas le cas, la lecture de mon livre ne laisse pas de doute à ce sujet. Je n’utilise d’ailleurs jamais le terme d’invasion pour parler des installations en Bretagne et j’ai dit, et écrit, à de multiples reprises, que les installations de nouveaux habitants en Bretagne sont positives à mes yeux. Le choix d’une durée courte pour l’obtention du statut (un an de résidence principale) vise justement à le rendre indolore pour les personnes qui choisissent de venir habiter en Bretagne, tout en étant suffisante à mon avis pour réduire très fortement les achats de résidences secondaires. Ici, l’auteur reprend des mots et concepts de l’extrême-droite qui n’ont jamais été les miens, et me les colle sans vergogne sur le dos. C’est pourtant bien lui qui choisit de déplacer le débat du terrain social au terrain identitaire et migratoire!
-Le doute est à nouveau jeté sur le principe même de la proposition avec cette phrase: « Il n’est pas dit si les Bretons de sang issus de la diaspora auraient le droit de s’installer où ils veulent quand ils le veulent, ni après quels tests. » Il s’agit encore d’un mensonge, car j’aborde ce point dans mon livre et l’ai souvent rappelé à l’occasion d’interviews: le statut de résident serait basé sur la seule notion de résidence, sans aucune prise en compte de l’origine ou de la nationalité. C’est pour moi fondamental. Il est vrai que cette question fait débat en Corse. Mais m’attribuer cette ambiguité est malhonnête, ma position est des plus claires. C’est là le coeur d’une argumentation mensongère qui tente de détourner ma proposition de son sens.
Alors, pur mensonge ou manque d’informations? Si les 10 euros que coûtent mon livre représentaient une somme insurmontable pour l’auteur qui se cache derrière le pseudo « Grib », je lui offrirai bien volontiers un exemplaire. Mais en l’occurence ce n’était même pas nécessaire, car la réponse a cette question est consultable, gratuitement, sur le site de l’UDB. https://www.udb.bzh/qui-sommes-nous/questions-reponses/ (voir « statut de résident »)
-On me reproche ensuite de ne pas étendre le statut aux Bretons de l’intérieur et de ne pas les « protéger de l’invasion » (ce ne sont pas mes mots). Délibérément, le choix est fait dans cet article de présenter le statut de résident comme un outil de politique migratoire, et non comme l’outil de régulation de l’immobilier qui correspond pourtant à sa philosophie (aucune prise en compte de l’origine ou de la nationalité). Il est évident pour tout lecteur de bonne foi que le statut de résident est pertinent dans des zones qui sont saturées de résidences secondaires et dans lesquels la population résidente, ou les nouveaux arrivants, peinent à se loger. Ces deux conditions n’étaient pas réunies jusqu’à un passé récent dans le Centre-Bretagne: le statut n’y aurait donc pas été utile. Mais les conditions socio-économiques changent et la question du statut de résident dans l’intérieur peut se poser (j’indique d’ailleurs dans mon livre que ce serait aux populations de décider, et ne prétends pas fixer moi-même le zonage!).
-Enfin, le statut est qualifié d’inconstitutionnel, ce qui permet de m’attribuer le projet de rendre la Bretagne indépendante. On a là plusieurs contre-vérités en une… d’abord, il ne vient apparemment pas à l’esprit de mon critique que la Constitution peut changer. Mon parti (l’UDB) est d’ailleurs partisan d’une République fédérale, ce qui implique inévitablement une réforme constitutionnelle. Ensuite, aucun argument n’est apporté à l’appui du procès en anticonstitutionnalité. J’ai à de nombreuses reprises argumenté pour expliquer que l’anticonstitutionnalité n’est pas démontrée, notamment parce que les différences de traitement sur la base de la résidence principale existent déjà en droit français, et de manière très courante. Mais à ce stade on aura compris qu’éclairer le lecteur ou débattre au vrai sens du terme n’est pas l’objectif du courageux anonyme qui me calomnie sous pseudo.
On me trouvera peut-être un peu long au sujet d’un article au fond assez minable. Mais j’estime nécessaire de ne pas laisser passer les mensonges (y compris par omission), et d’illustrer le niveau de malhonnêteté intellectuelle des plus ardents opposants au statut de résident principal. L’usage massif du mensonge et des fausses citations fait furieusement penser aux méthodes de la fachosphère. Tout comme l’obsession pour la question migratoire et l’usage répété du terme d’ « invasion » complètement hors de propos. Drôle de dérive pour une groupe qui prétend alerter sur les dangers (réels) de l’extrême-droite.
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Taxer les résidences secondaires?
La solution à l’excès de résidences secondaires? Les surtaxer, entend-on souvent. C’est un argument qu’on m’a opposé quand j’ai publié le Manifeste pour un statut de résident en Bretagne. J’ai donc publié un nouveau petit livre consacré à cette question: pourquoi surtaxer les résidences secondaires? Comment faire? Quels sont les limites de cette solution?
On peut commander ce livre en ligne sur la boutique de l’éditeur: https://www.pressespopulaires.bzh/produit/taxer-les-residences-secondaires/

J’y aborde plusieurs problèmes: les limites du système actuel de majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires en zone « tendue »; le problème des disparités territoriales, qui fait que taxer à un endroit peut être utile, mais pas à un autre; et surtout le problème de l’équité, car les propriétaires n’ont pas tous le même niveau de revenu et de patrimoine. Une taxe uniforme un peu lourde obligerait les propriétaires modestes (par exemple des personnes ayant hérité d’une maison de famille) à vendre, mais pas les multipropriétaires les plus aisés… qui pourraient même racheter les résidences des précédents!
Tenant compte de ces problèmes, je propose en fin d’ouvrage des formules de taxation qui permettent d’obtenir une taxe adaptée à la diversité des territoires, et en même temps proportionnée au patrimoine des propriétaires. J’ajoute des tableaux pour donner des exemples. Les chiffres et les formules peuvent faire un peu peur à ceux qui étaient déjà largués en maths en classe de 4ème, mais en fait ces formules sont relativement simples (j’ai fait un bac L, pour ceux qui savent encore ce que c’était!), et les tableaux permettent de s’y retrouver de toute manière.
Je propose plusieurs formules différentes pour donner une idée des différents « dosages » possibles en terme de taxation. En résumé: des propriétaires de résidences secondaires très riches paieront beaucoup, surtout si leur bien se trouve dans une commune où il y a trop de résidences secondaires; les moins riches paieront moins, et ne paieront même rien ou presque si leur bien se trouve dans une zone où les résidences secondaires ne sont pas trop nombreuses.
J’ajoute quelques propositions pour une politique régionale du logement financée par le produit de cette taxe; et je montre l’intérêt de la combiner avec le statut de résident principal et la régulation des locations de courte durée (LCD).
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Question orale: « des filières bilingues publiques en danger »
SESSION DU 21/07/2021
Keneiled kaer,
Chers collègues,
Anavezet hon eus er mizioù diwezhañ prantadoù tenn etre ar Stad hag hor strollegezh diwar-benn ar brezhoneg, heg ar c’helenn brezhonek dreist-holl. Goude ma oa bet nac’het gant ar ministr kadarnaat ur feur-emglev uhelek evit yezhoù Breizh, e oa bet nullet lod eus araokadennoù al lezenn Molac gant ar C’huzul Bonreizh, diwar goulenn strollad ar Prezidant. Saviad Diwan en doa da gentañ desachet an evezh, gant gwir abeg, dre ma c’hallfe e bennaennoù bezañ bresket gant diviz ar C’huzul. Neoazh, n’eo ket gwarezet an hentennoù divyezhek publik kennebeut.
Ces derniers mois ont été traversés par des tensions entre l’État et notre collectivité au sujet de la langue bretonne, et en particulier de son enseignement. Après le refus du ministre de l’Education nationale de valider une convention ambitieuse pour les langues de Bretagne, les avancées de la loi Molac ont été partiellement censurées par le Conseil constitutionnel, à la demande de la majorité présidentielle. La situation de Diwan a d’abord cristallisé les inquiétudes, à juste titre, car son modèle pourrait être mis en cause par la décision du Conseil. Cependant, les filières bilingues publiques ne sont pas non plus à l’abri.
Merzomp da gentañ e vo difennet ar c’helenn dre soubidigezh enne, daoust d’ar pezh a oa bet votet gant ar gannaded, ar pezh a vo ur skoilh d’o efedusted pedagogel. Met un danjer mallusoc’h zo o tont war-wel : e-kerzh miz gouere eo bet embannet gant ar rektordi e vefe ehanet gant meur a hentenn divyezhek publik, diwar brizhabegoù liesseurt, ha d’un deiziad a lakao diaes ar skolidi evit cheñch skol. Talvezout a ra kement-mañ ne c’hallo ket skolidi zo kenderc’hel gant ar c’helenn divyezhek er skolaj pe el lise, ha lod anezho zoken, o doa dibabet mont d’ur skol pell diouzh o zi evit ar brezhoneg, a raio un hir a hent evit netra.
Notons tout d’abord que l’immersion y est interdite, contrairement au vote de la représentation nationale, ce qui constituera une entrave à leur succès pédagogique. Mais une menace plus urgente se fait jour : courant juillet, le rectorat a annoncé la suspension de nombreuses filières bilingues publiques, sous divers prétextes, à une date rendant difficile les démarches de changement d’établissement pour les élèves. Cela signifie que des élèves qui souhaitaient poursuivre leur scolarité bilingue au collège ou au lycée ne le pourront pas, et que certains mêmes, qui avaient choisi un collège relativement éloigné de chez eux pour y suivre des cours en breton, subiront chaque jour un trajet long sans aucune raison.
Dirak ar pezh a seblant bezañ un dagadenn a-enep an hentennoù divyezhek publik e Breizh, petra a vo respont ar Rannvro ?
Face à ce qui ressemble bien à une offensive contre les filières bilingues publiques en Bretagne, quelle sera la réaction de la Région ?
Note: Par la suite, une circulaire ministérielle a explicitement autorisé la méthode immersive dans les écoles publique.
