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Ne supprimons pas les manuels scolaires!
Je suis intervenu le mercredi 14 février dans le cadre du débat budgétaire de la Région Bretagne, pour demander que les ressources numériques ne remplacent pas les manuels scolaires en papier dans les lycées, comme cela se fait hélas ailleurs. Cette proposition a d’ailleurs été acceptée par la majorité régionale, et le budget de la Région Bretagne précisera donc que « les ressources numériques sont complémentaires des manuels scolaires et n’ont pas vocation à les remplacer. » La vice-présidente aux lycées Isabelle Pellerin a rappelé que pour elle, « le numérique doit être accessible dans les établissements, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga de la pédagogie. »
A l’occasion de cette intervention, j’ai lu un texte rédigé par une collègue enseignante en Île-de-France, qui raconte concrètement l’enseignement en tout-numérique (enfin, en théorie!). J’ai dû couper plusieurs passages du texte pour tenir le temps de parole lors de mon intervention, mais voici son témoignage in extenso:
« Jeune professeur d’histoire-géographie, fraîchement agrégée, j’ai été affectée pour ma première année dans un lycée huppé des Yvelines. A l’été, pour préparer mes cours, je me renseigne sur le manuel scolaire dont disposent mes élèves. En effet, ma discipline s’enseigne, en majeure partie, sur la base de documents : des textes, des images, des cartes, des graphiques que les manuels présentent en couleur, dans l’ordre du programme. Ce n’est certes pas toujours la panacée, mais c’est bien utile pour les jeunes professeurs qui doivent créer des cours ex-nihilo.
Je découvre alors qu’il n’y a plus de manuels papier dans l’académie de Versailles. Valérie Pécresse, présidente de la région, a mis en œuvre une vaste politique visant à équiper chaque lycéen d’un ordinateur portable. Mais, me rassure un collègue, pas d’inquiétude : des manuels numériques sont disponibles en ligne, et le lycée est équipé d’un bon réseau wifi. De quoi avoir accès à toutes sortes de ressources, tout en réduisant le budget des photocopies !
Quoique inexpérimentée, je me méfie. En 2004, collégienne en Ille-et-Vilaine, j’avais bénéficié de l’opération « ordi 35 » : la distribution à tous les élèves de 4e d’ordinateurs portables. Je conserve des souvenirs espiègles des cours de ceux de nos professeurs qui avaient accepté que nous utilisions nos PC en classe. Mes scores dans Baldur’s Gate (première édition du jeu) en avaient grassement profité.
Cinq mois plus tard, mon opinion est faite : que n’avons-nous de bons vieux manuels papier ! Quand nous étudions des textes, je les imprime. Travailler vraiment un texte, de toutes façons, implique de le gribouiller. Quand les documents à l’étude nécessitent la couleur, je les dépose dans l’espace numérique du lycée ; les élèves y ont accès sur leur PC…mais s’ouvre alors une vaste série de complications.
Il y a les élèves qui n’ont pas leur ordinateur (« il est lourd ! »). Il y a les élèves qui l’ont, mais il ne fonctionne pas : le matériel étant d’assez piètre qualité, les ordinateurs sont régulièrement en panne, englués dans d’interminables mises à jour, ou simplement déchargés. La question récurrente : « madame, je peux le mettre à charger ? » appelle la même sempiternelle réponse : « non, il n’y a pas de prise ». En effet, les salles de classe d’un lycée construit dans les années 1970 ne sont pas prévues pour trente-cinq élèves équipés d’ordinateurs.
Et puis il y a, bien sûr, la tentation de faire autre chose. Quand je surprends un élève en train de dédaigner mon cours pour autre chose sur son ordinateur (vidéo, jeu, réseau social : la liste est longue), je hausse le ton, je punis. Avec un léger sentiment d’hypocrisie : beaucoup d’adultes, coincés dans une conférence où ils n’auraient pas choisi de venir et avec un PC à leur disposition, ne feraient pas différemment. A l’issue du conseil de classe de décembre, alors que la déconcentration des élèves a fait l’objet de nombreuses remarques, les professeurs principaux de mes classes de 2nde ont recommandé la solution suivante : l’ordinateur, il faut l’utiliser le moins possible…et privilégier les photocopies (celles, donc, que les ordinateurs devaient permettre de réduire).
Des arguments en faveur de ces équipements, il en existe : réduire les inégalités sociales et la fracture numérique. Faut-il pour autant en équiper tous les élèves, y compris les plus favorisés ? Faut-il privilégier le numérique au papier en cours, alors que tout le monde s’accorde à trouver que nos adolescents passent trop de temps devant des écrans ? Dans un contexte de crise climatique, faut-il vraiment favoriser l’importation massive de ces PC bon marché (« assemblés en Chine », précise la notice), dont la durée de vie sera courte ?
J’en ai moi-même reçu un. Surprise, quand vous l’ouvrez pour la première fois, une vidéo de Mme Pécresse se met automatiquement en marche, vantant son action. Contre un ordinateur, les jeunes peuvent bien supporter un peu de propagande ! »
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La Confédération paysanne bloque la plate-forme LIDL à Plouagat

J »étais aujourd’hui (31/01/2024) avec les militants de la Confédération paysanne, devant la plate-forme LIDL de Plouagat-Châtelaudren. Le syndicat s’était pour l’instant peu impliqué dans le mouvement de protestation des agriculteurs, plutôt porté par la FNSEA, la Coordination rurale, ou hors-cadre syndical. Il faut dire que certains mots d’ordre ou pratiques peuvent refroidir: la liquidation des normes environnementales, le déversement de tonnes de déchets sur les routes ou dans les centre-villes…

L’ambiance était assez différente aujourd’hui à Plouagat. Les membres de la Confédération paysanne ont tenu un discours offensif, cohérent et responsable, refusant d’incriminer l’écologie dans les difficultés des agriculteurs. Le lieu avait été choisi parce que LIDL est « un des acteurs de la grande distribution qui font du profit sur le dos des paysans », mais aussi parce que cette plate-forme s’est faite « en bétonnant 17 hectares de terre agricoles. » Les orateurs de la Confédération rappellent leur engagement contre l’artificialisation des terres.
Suivent ensuite les revendications: une PAC (Politique agricole commune) qui prioriserait les aides à l’actif plutôt que les aides à la surface, pour sortir d’un système où une minorité de gros producteurs captent l’essentiel des financements; mais aussi la sortie des traités de libre-échange qui créent une concurrence insoutenable pour les agriculteurs locaux, et une régulation plus forte du marché de l’alimentation.
Ces priorités sont aussi celles de la fédération Régions et peuples solidaires, rappelées par Lydie Massard, député européenne:
« -Reconnaissance des acteurs agricoles et promotion de l’autonomie alimentaire : La PAC doit cesser de rémunérer en fonction de la taille des exploitations et du bétail, privilégiant plutôt la valorisation des agriculteurs en tant qu’actifs. Il est impératif de souligner que l’autonomie alimentaire de l’Union Européenne et de ses territoires ne peut passer que par une conversion vers la poly agriculture et la création de nombreuses fermes. Or, la PAC actuelle favorise l’agrandissement des exploitations existantes, perpétuant ainsi un modèle peu compatible avec la diversification nécessaire. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui les 2 tiers des terres reviennent à l’agrandissement de fermes existantes plutôt qu’a la création de nouvelles fermes pourtant nécessaires.

-Régionalisation pertinente en réponse à des réalités variées : Régions et Peuples Solidaires plaide pour une régionalisation du second pilier de la PAC, en prenant en compte les problématiques spécifiques de différentes régions françaises. Par exemple, en Provence, le défi majeur réside dans le foncier et l’achat de terres agricoles, tandis qu’en Bretagne, la surproduction par rapport à la population pose des enjeux particuliers et en Corse, l’importation de la plupart des produits agricoles soulève d’autres interrogations. La centralisation des décisions au ministère de l’agriculture a montré ses limites, il est temps de conférer aux régions la compétence d’ajuster leurs stratégies en fonction de leurs besoins.
-Protection de notre souveraineté alimentaire : Les accords de libre-échange doivent être abordés avec prudence, car la nourriture ne peut être considérée comme une simple marchandise. Elle n’est pas un bien ordinaire, mais répond un besoin vital qui a façonné nos régions, notre paysage, notre histoire et nos spécificités. La Fédération demande l’introduction d’une exception alimentaire dans les accords en cours et plaide en faveur de clauses miroir contraignantes imposant des normes environnementales et sociales équivalentes à celle de l’Union Européenne pour les produits importés. En attendant ces prérequis minimum les négociations avec le Chili et Mercosur doivent être stoppées. »Pour consulter le communiqué entier: https://www.federation-rps.org/2024/01/26/r%C3%A9gionaliser-la-pac-et-assurer-l-autonomie-alimentaire-de-l-europe-ainsi-que-des-territoires-pour-sortir-de-la-crise-agricole/
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Ne vo ket deuet mat an unwisk e Plouizi!
Plouizi, skol kentañ-derez nemeti e Breizh evit lakaat e plas un « taol-esa » gant an unwisk? N’eo ket graet c’hoazh! C’hoant en deus bet ar maer, Remi Guillou, makronour, d’ober plijadur d’ar c’hentañ ministr nevez Gabriel Attal o rediañ bugale skol bublik e gumun da wiskañ holl an hevelep dilhad…. A-enep ali ar skolaerien, hag hep bezañ kelaouet ar familhoù! Setu ma oa bodet un c’hant bennak a dud dirak an ti-kêr d’ar meurzh 23 a viz genver. Eno e oan. Daou abeg din da zont da souten tud ar vugale (hag ar vugale o-unan, a huche kreñv a-enep ar maer) :
-Da gentañ, ar mod d’ober. Mont evel-se da embann er c’hazetennoù e vo graet un taol-esa war ar vugale, hep bezañ goulennet ali ar familhoù, a gavan displijus-kenañ. Kudennoù bras zo en Deskadurezh-Stad, ha dispignet e vez arc’hant evit taolioù-kehentiñ droch pa chom kudennoù don diziskoulm (re nebeut a erlec’hierien, re nebeut a blasoù er frammoù evit ar vugale nammet…). Ne dlefe ket ar skolioù bezañ tachenn-c’hoari politikerien, ha pa vefent dilennidi lec’hel.
-Da eil, peogwir n’on ket kendrec’het tamm ebet gant an arguzennnoù evit an unwisk. Nebeutoc’h a dizingalderioù a vefe? Tamm ebet: kuzhat anezho na lako morse anezho da gilañ. Dizingalderioù spontus a zo etre ar vugale, diouzh gopr, glad ha labour o zud, diouzh ar mod ma vez graet war o zro a-raok bezañ skoliataet pe en diavaez eus an eurvezhioù-skol. Arabat bezañ hegredik. Ne c’hall ket ar skol diverkañ hec’h-unan frailhoù ar gevredigezh, hag ur gentel gwall dañjerus eo reiñ da soñjal d’ar vugale e vefe ret bezañ holl heñvel evit bezañ ingal. Gwirioù hon eus peogwir omp tud, n’eus forzh peseurt dilhad a wiskfemp. Ha digresket e vefe an harellerezh? Amañ ivez, diaes eo da grediñ: un hareller a gav atav un abeg. Ma n’eo ket an dilhad e vo ar blev, al liv, ar mod da gomz, ar familh, pe un dra ijinet penn-da-benn. Ar c’hoant da vezhekaat ha da gaout galloud war ar re all a zo e gwrizienn an harellerezh. Spontus e vefe lakaat ar vugale da grediñ e vefe ret dezho kuzhat o dibarderioù, o fersonelezh, o c’hoantoù, kuit da vezañ harellet. Ur bobl suj a brienter e-giz-se. Un dra all: abaoe pell e klever e vefe ret stourm ouzh levezon an islam war an dilhad, peogwir e vefe un dañjer evit hor frankiz hiniennel. Ha setu ma ra ar Stad dres ar pezh a rebech d’an islamourien. Ma n’ho poa ket komprenet ne oa nemet islamofobouriezh eus o frezegennoù a-enep an abaya da skouer, pe ar ouel, setu m’eo sklaer an traoù bremañ.
Souten a ran a-greiz kalon neuze stourm ar skolaerien hag ar familhoù a-enep an unwisk e Plouizi. Gant ma vo dilezet ar raktres-se buan! Gwelloc’h zo d’ober eus an 200 euro a goustfe an unwisk evit pep skoliad.
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Quand l’extrême-droite se fait lobbyiste d’Airbnb… non, il n’y a pas « quarante fois plus » de logements vacants que de locations de meublés touristiques!

Image: extrait de l’étude https://news.airbnb.com/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/Strategy-Airbnb-Etude-dimpacts-de-la-location-courte-duree-en-France-Exec-Sum-OK.pdf
On entend beaucoup dire en ce moment que les locations de meublés touristiques, de type AirBNB, concerneraient 40 fois moins de logements que les logements vacants. C’est évidemment une manière de minimiser le problème et d’attirer l’attention ailleurs. En plus des lobbyistes du secteur de la location de meublés touristiques, on a pu entendre une belle illustration de cet élément de langage dans le discours de Virginie d’Orsanne, membre du groupe Rassemblement national, lors de la session du Conseil régional de Bretagne, le 14 décembre 2023: https://secure.synople.tv/site/CR_Bretagne/2023/231214_CRB_session_VO.php (8:42:38).
Un passage en particulier vaut la peine d’être cité: « À propos des locations saisonnières de courte durée, je rappellerai plusieurs choses. Il y a quarante fois plus de logements vacants que de locations meublées touristiques, raison pour laquelle nous estimons que la première priorité est l’aide à la rénovation. Seulement 8% des meublés sont loués de façon intensive, et enfin 92% des petits propriétaires qui louent leur résidence principale ou secondaire le font à titre accessoire pour payer leurs charges ».
Il y a beaucoup à dire sur cet enchaînement de contre-vérités, qui « justifie » notamment le vote du RN contre l’augmentation de la fiscalité sur les locations de courte durée.
Pour commencer, d’où vient le chiffre-clé cité au début? On le trouve aussi cité sur une page d’Airbnb, mais avec des astérisques qui signalent qu’en fait c’est plus compliqué : https://news.airbnb.com/fr/airbnb-souhaite-aider-davantage-de-villes-a-se-saisir-des-reglementations/
Allons donc voir le document-source: https://news.airbnb.com/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/Strategy-Airbnb-Etude-dimpacts-de-la-location-courte-duree-en-France-Exec-Sum-OK.pdf
L’étude cherche à faire passer l’idée selon laquelle les logements vacants et le manque de construction sont les causes majeures de la crise du logement. Il y a en effet environ 3 millions de logements vacants en France, de quoi loger théoriquement environ 6 millions de personnes. L’étude admet aussi que la transformation de résidences principales en résidences secondaires est une cause importante de la tension sur le marché immobilier: étrangement, cette partie de l’étude n’est pas du tout mise en avant par l’élue d’extrême-droite Virginie d’Orsanne… mais revenons à nos moutons.
Et les meublés de tourisme, donc? La page 10 nous annonce, en titre, que « les meublés de tourisme sont un million en France ». On aimerait donc offrir une calculette à Madame d’Orsanne, ou une inscription en CP: 1 pour 3, cela ne fait pas quarante fois moins.
Mais alors où est la manip? Comment passe-ton de trois fois moins à 40 fois moins? Après tout, l’extrême-droite n’est pas la seule à répandre cette statistique totalement fausse. On comprend à la lecture que pour arriver à « 40 fois moins », il faut ne compter comme « location meublée touristique » qu’une partie des logements concernés; afin de ne pas mentir franchement, les auteurs de l’étude font la distinction entre « locations de meublés touristiques » et « logements dédiés à la location meublée ». Autant dire que les élus d’extrême-droite qui diffusent le message oublient vite la distinction.
La première étape du processus pourrait s’entendre. Les auteurs décomptent les locations de meublés touristiques qui se font dans la résidence principale du propriétaire. Ce n’est pas illogique, puisque dans ce cas, arrêter ces locations ne remettrait pas un logement sur le marché de la résidence principale. Mais puisqu’on compare avec les logements vacants, il faudrait aussi retirer du décompte les logements vacants qui ne pourraient pas servir de résidence principale, soit parce qu’ils sont en trop mauvais état, soit parce qu’ils se trouvent dans des zones où l’offre de résidences principales est supérieure à la demande (les territoires en déclin démographique). Or c’est bien là qu’on trouve les taux les plus élevés de logements vacants… Si l’on s’en tient aux meublés de tourisme facilement transformables en résidences principales, il faut aussi s’en tenir aux logements vacants facilement mobilisables pour loger des personnes là où le besoin existe, faute de quoi la comparaison est vide de sens. Reste qu’on pourrait effectivement parler d’environ 500 000 logements en location meublée hors résidence principale.
Mais la manipulation va plus loin : les lobbyistes et leurs alliés du RN décomptent aussi les résidences secondaires louées en LCD moins de trois mois dans l’année ! Or, ce coctkail (villégiature + LCD) est le carburant de la croissance récente du parc de résidences secondaires, et concourt très directement à l’attrition du parc de résidences principales, en rendant beaucoup plus attractif, facile, voire rentable, l’achat d’une résidence secondaire.

(image extrait du site de promotion des résidences secondaires de la Caisse d’Epargne https://www.immo-utile.fr/trouver/louer/louer-efficacement-sa-residence-secondaire/ )
C’est ainsi qu’on obtient cette donnée aberrante de « 40 fois plus de logements vacants que de locations de meublés touristiques », donnée factuellemment fausse qui ne sert qu’à essayer de protéger les multipropriétaires et spéculateurs. Et la durée inférieure à trois mois ne doit pas faire illusion: sur certains territoires, deux mois et demi de LCD valent bien une année de location classique.
Logiquement, continuant sur sa lancée, Madame d’Orsanne défend le vote du RN à l’Assemblée nationale, qui s’est opposé à toute hausse de fiscalité sur les locations de type AirBNB, au nom de la « défense des petits propriétaires ». On croit rêver, car c’est justement à cause des multipropriétaires de résidences secondaires et de logements en location touristique que des dizaines de milliers de Bretons ne peuvent plus accéder à la propriété !
L’ordre dans lequel Madame d’Orsanne présente les données de l’étude fait croire qu’il y a quarante fois moins de locations de meublés touristique que de logements vacants, et qu’en plus 92% des meublés touristiques seraient mis en locations par des petits propriétaires, pour payer leurs charges (lesquelles?). En fait, c’est bien en décomptant 92% des locations de meublés touristiques qu’on arrive à « 40 fois moins » que de logements vacants, ce qui comme on l’a vu plus haut est une énorme manipulation. Mais d’où vient l’idée avancée par Madame d’Orsanne selon laquelle les 92% indûment retirés du décompte seraient de « petits propriétaires »?
Apparemment, de nulle part. Et pour cause, si cela était vrai, alors quasiment toutes les locations de meublés touristiques seraient le fait de petits propriétaires. La chose est improbable… En fait, il semble que la conseillère d’extrême-droite ait tout simplement inventé cette idée. Signalons déjà que sur ces 92%, 44% sont des résidences secondaires. Or on sait que la majorité des propriétaires de résidences secondaires ne sont pas des « petits » propriétaires, mais que cette catégorie est en moyenne plus riche que le reste de la population.
Rien ne dit non plus que ces 92% de propriétaires de « meublés de tourisme » le font pour « payer leurs charges ». L’étude parle de logement loués « comme complément de revenu ou pour payer leurs charges », ce qui en fait ne veut rien dire, si ce n’est que ces logements rapportent de l’argent à leurs propriétaires. Un peu plus loin, on nous donne des informations sur les réponses des propriétaires: si certains citent effectivement des travaux de rénovation, la majorité des réponses correspond à l’item « préserver mon pouvoir d’achat » (la réponse « augmenter mes revenus » n’était étrangement pas proposée!). Beaucoup répondent aussi vouloir « rembourser un crédit immobilier » et pour « investir dans un autre logement »: on sait en effet que la LCD est une des stratégies d’optimisation pour les multipropriétaires débutants, y compris pour des personnes choisissant d’arrêter de travailler pour devenir rentiers.
C’est bien cette catégorie de la population que le RN défend, malgré tous ses discours sur les « petits propriétaires ».
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Ha dalc’het eo armerzh Breizh gant an eil-tiez?
Setu unan eus an arguzennoù sotañ a zo bet roet din evit enebiñ ouzh ar statud a annezad pennañ: ma ne vefe ket a eil-tiez e Breizh ez afe ar vro d’an diskar, rak e dalc’h an douristed emañ hon armerzh. Pouezus eo respont memestra, daoust ha pegen lu e vefe an arguzenn, rak meur a raksoñj a zo enni, ha gwelloc’h eo dismantrañ anezho da vat eget o leuskel da redek.
Raksoñj kentañ: an touristelezh eo mammenn an arc’hant, al labour, ar vuhez e Breizh. Sellomp ouzh ar sifroù neuze. Na pegen souezhus: mont a ra an touristelezh d’ober 8% eus Produadur diabarzh kriz (PDK) Rannvro Breizh (n’em eus ket ar sifroù evit Breizh a-bezh). Pouezus eo an touristelezh en armerzh Breizh neuze, met n’eo ket diziouerus. 92% eus ar PDK n’emañ ket e dalc’h an touristelezh. Un obererezh a-bouez eo, e-touez re all…
Evel-just, un taol fall e vefe koll 8%eus ar PDK a-daol-trumm. Met morse n’eo bet kinniget ganin paouez gant an touristelezh… an eil-tiez ne reont bod nemet da 13% eus an douristed (13% eus an noziadoù touristel evit bezañ resisoc’h). Displeget eo amañ: https://www.calameo.com/tourisme-bretagne/read/00000131520f3a874a8f4. Ma ne chomfe eil-ti ebet e Breizh e vefe kollet neuze 13% eus an noziadoù touristel. Dre ma sav an touristelezh da 8% eus ar PKD e c’haller brasjediñ e vefe kollet un 1% bennak eus ar PKD. Gwall bell omp eus an enkadenn spontus a vez prometet deomp!
Hag 1% a zo ur sifr re uhel c’hoazh.
Da gentañ peogwir e reer amañ ur vartezeadenn: an dud a vez roet bod dezho en eil-tiez ne deufent ket da Vreizh ken ma n’o defe ket un eil-ti er vro. Kement-se n’eo ket prouet, ha gallout a reer soñjal e kendalc’hfe lod anezho da zont. Mont a rafent d’al leti, d’ar c’hamping, da ti ur mignon… Dibosubl eo gouzout da vat pet anezho a zilezfe Breizh da vat, met dalc’homp soñj ne vefe ket an holl anezho. Koll 13% eus an douristed ha neuze 1% bennak eus ar PDK a zo neuze ur vartezeadenn vresk, pe gentoc’h, lakaomp, ar gwashañ a c’hallfe c’hoarvezout. Chañsoù bras a zo e vefe kentoc’h kollet tro 0,5% eus ar PDK.
Da eil, ne soñj ket din e c’hallfemp mont war-zu 0% a eil-tiez, ha n’em eus graet kinnig ebet a rofe an tu da dizhout ar feur-se, evit meur a abeg, hag a vefe re hir da zisplegañ amañ. Lakaomp evit brasjediñ e teufed a-benn da dreiñ an hanter eus an eil-tiez da diez pennañ, ar pezh a vefe brav dija. N’eo ket 13% eus an nozvezhioù touristel a vefe kollet neuze met 6,5%; da lâret eo 0,5% eus ar PDK; ha c’hoazh, evel hon eus gwelet uheloc’h, gwall souezhus eo e vefe kollet 100% eus an douristed a oa kustum da vezañ herberc’hiet en eil-tiez. Gwirheñveloc’h eo e vefe kollet ur 0,25% bennak eus ar PDK, ma teufe ma c’hinnigoù da lezenn.
Ha n’eo ket echu: evit ar poent n’hon eus komzet nemet eus ar pezh a vefe kollet. 0,5% eus ar PDK d’ar muiañ-tout, ha nebeutoc’h sur-a-walc’h. Met n’hon eus ket komzet eus ar pezh a vefe gounezet: muioc’h a diez dieub a dalvezo da veur a hini kavout ul lojeiz dereat el lec’h ma fell dezhañ, ha sikour a raio kalz an embregerezhioù pe a servijoù foran da duta. Pet implij e Breizh a vez kollet abalamour da wallefedoù an dreist-touristelezh? N’em eus sifr ebet, met sur on ez eus kolloù ivez gant an touristelezh pa dap re a blas evel war an aod pe war an inizi. N’eo ket a-walc’h neuze lâret ne gollfemp nemet ur perzh dister eus hon armerzh ma vefe digresket an niver a eil-tiez; gounit a rafemp, sur-walc’h, muioc’h eget na gollfemp.
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Pour le droit au logement en Bretagne
Ce texte est la version en français d’un discours tenu en breton le 14 décembre 2023 au Conseil régional de Bretagne. Pour retrouver la version originale: https://nilcaouissin.blog/2023/12/14/evit-ar-gwir-dal-lojan-e-breizh/
Mes chères collègues,
Enfin nous sommes appelés à voter une feuille de route pour le logement. Il était temps. Il était même grand temps, car depuis trois ans le marché du logement est dans un état catastrophique. La loi de l’argent règne en maître, et nombreux sont ceux qui ne peuvent plus ni acheter, ni louer.
Quand nous avions proposé d’instaurer un statut de résident principal dans certains territoires de Bretagne, quelle réponse avons-nous reçue ? Qu’il ne fallait pas organiser une file d’attente pour acheter en Bretagne. Mais à quoi sert une file d’attente, je vous le demande ? A assurer à chacun de passer à son tour. À éviter, la bousculade, et la loi du plus fort.
Nous, nous le disons une fois de plus : il faut réguler le marché du logement en Bretagne. Il est urgent d’instaurer des règles pour orienter le marché vers la satisfaction des besoins vitaux. De faire en sorte que chacune, chacun puisse avoir un logement, avant que les plus riches n’en aient plusieurs.
Car, disons le simplement : nous ne pouvons pas répondre à la crise actuelle en construisant rapidement un grand nombre de logements bon marché. Nous ne le pouvons pas parce que nous avons déjà consommé trop de foncier. Il faut bien conserver ce qu’il reste de terres pour la production alimentaire et pour le fonctionnement des écosystèmes. Construire sera certes toujours nécessaire, mais nous savons qu’il sera plus long, et plus cher, de produire du logement en reconstruisent ou en réaménageant des terrains déjà urbanisés. Alors, vu l’ampleur des besoins, une politique de production ne suffira pas. Il nous faut aussi une politique de régulation.
C’est là qu’est le point faible de cette feuille de route. On y trouve trop peu de propositions de régulation. On parle d’aider les communes à réglementer les locations de courte durée. C’est utile et nécessaire. Mais quand le taux de résidences secondaires est de 13 %, quand la Bretagne est la région où l’on construit le plus de résidences secondaires en France, depuis plusieurs années, quand on se rend compte que 20 %, 30 %, 50 % même des logements neufs partent en résidence secondaire dans certains de nos territoires, comment peut-on faire l’impasse sur cet enjeu ?
Cette critique ne nous empêche pas de reconnaître des points positifs dans les propositions. La réduction de TVA pour la production de logements abordables et écologiques est une bonne idée, qui répond à un besoin sur le terrain. Créer une foncière est aussi une entreprise utile, si l’on trouve les moyens de la faire fonctionner. Oui, vos propositions pour le soutien à la production sont bonnes.
Devant la gravité de la situation, le pire serait de ne pas bouger. Nous soutiendrons donc toute avancée qui pourra aider à protéger le droit au logement en Bretagne. Nous proposons toutefois des amendements, car une politique tournée vers la seule production ne peut réussir.
Nous proposons d’abord de faire de la Bretagne un terrain d’expérimentation pour des outils de régulation nouveaux, ou existant déjà dans d’autres pays. Nous proposons de les mettre en débat parmi les habitants de chaque pays de Bretagne. Nous proposons de remettre en avant l’idée d’une taxe régionale sur les résidences secondaires, idée défendue par la Région Bretagne depuis 2019, et qu’il serait bienvenu de ressortir du tiroir aujourd’hui. Nous proposons enfin d’expérimenter une version renforcée de la loi SRU pour encourager le développement du logement social dans toute la Bretagne.
Il est temps de rendre l’espoir aux Bretonnes et aux Bretons, de leur montrer que les institutions démocratiques peuvent affronter les crises les plus graves. De notre réaction à la crise du logement, dépendra largement l’avenir de la société bretonne. Nous avons à choisir entre une Bretagne qui resterait un bien commun pour tous ses habitants, ou un puzzle de paradis fermés, gelés, et dénués de vie.
Je vous remercie.
Note: l’amendement 28 a été voté après réécriture. Les amendements 29, 30 et 31 ont été rejetés par la majorité.




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Evit ar gwir d’al lojañ e Breizh
Prezegenn distaget e Kuzul-rannvro Breizh, d’ar 14 a viz Kerzu 2023, diwar-benn ar follenn-heñchañ war al lojañ. Da heul, an enkemmadoù kinniget.
Keneilezed ha keneiled kaer,
A-benn ar fin e kinniger deomp votiñ ur follenn-heñchañ evit al lojeiz. Poent e oa. Poent bras zoken, rak abaoe tri bloaz eo spontus stad marc’had al lojeiz er vro. Lezenn an arc’hant an hini eo a zo o ren, ha gwall niverus eo an dud ne c’hallont na prenañ, na feurmiñ.
Pa oa bet kinniget ganeomp staliañ ur statud a annezad pennañ e lodennoù zo eus Breizh e oa bet respontet deomp : arabat aozañ ur steudad-gortoz evit prenañ e Breizh. Met perak e vez aozet steudadoù-gortoz, a c’houlan-me ? Evit m’en defe pep hini e dro da dremen. Evit ma ne vefe ket ar re greñvañ o tremen da gentañ atav.
Ya, hel lavaret a reomp c’hoazh hag adarre: ret eo reolenniñ marc’had al lojañ e Breizh. Ezhomm groñs a zo da staliañ reolennoù evit sturiañ ar marc’had war-zu an ezhommoù pouezusañ. Ober m’en defe pep hini ul lojeiz dereat a-raok kregiñ da glask kaout daou pe tri evit ar re binvidikañ.
E berr gomzoù, n’hallomp ket respont d’an enkadenn dre sevel buan un niver bras a lojiri marc’had-mat. N’hallomp ket hen ober ken peogwir hon eus implijet re a douaroù c’hoazh. Ret mat eo mirout ar pezh a chom evit ar produiñ-boued ha mont-en-dro en ekoreizhadoù. Sevel a vo ret c’hoazh met gouzout a reomp e vo keroc’h, hag hiroc’h, produiñ lojiri diwar adsevel pe adaozañ an takadoù kêriekaet. Alese, pa vez ken kreñv an ezhommoù, n’eo ket a-walc’h ar politikerezh-produiñ. Ur politikerezh-reolenniñ zo da sevel ivez.
Amañ emañ tu-gwan ho follenn-heñchañ : un diouer a ginnigoù evit reolenniñ. Komz a reer eus skoazell ar c’humunioù da reolenniñ ar feurmoù berrbad, ar pezh a zo mat-tre. Met pa sav ar feur a-eil tiez da 13 %, pa welomp eo bet Breizh er rank kentañ e Frañs evit ar sevel eil-tiez er blovaezhioù tremenet, pa weler ez a an eil-tiez da grignañ 20, 30, betek 50 % eus al lojiri nevez-savet e lodennoù eus hor bro, penaos tremen hep talañ ouzh an dalc’h-se ?
An evezhiadenn-se ne vir ket ouzhimp da anavezout perzhioù mat en ho kinnigoù. An digresk TTO war ar chanterioù evit sevel lojiri sokial hag ekologel a zo ur mennozh reizh, poellek, hag a glot gant ezhommoù war an dachenn. Sevel ur framm da zastum douaroù a zo speredek ivez, gant ma vo tu e arc’hantaouiñ. En ur ger, mat eo ha reizh eo ar c’hinnigoù graet amañ evit sikour ar sevel lojiri.
Pa vez ken grevus ar blegenn e vefe spontus chom difiñv. Souten a raimp neuze kement araokadenn a c’hallo bezañ evit gwareziñ ar gwir d’al lojañ e Breizh. Kemmoù avat a ginnigomp, rak ur politikerezh troet war ar produiñ hepken a zo tonket da c’hwitañ.
Kinnig a reomp da gentañ ober eus rannvro Breizh un tiriad arnodiñ ostilhoù-reolenniñ nevez, pe a reoù a vez lakaet e pleustr e broioù all dija. Kinnig a reomp o lakaat e breud e-touez annezidi pep tiriad e Breizh. Kinnig a reomp adlakaat war-wel mennozh un taos rannvroel war an eil-tiez, ur mennozh difennet gant rannvro Breizh abaoe 2019, hag a vefe deuet mat hiziv. Kinnig a reomp c’hoazh arnodiñ ul lezenn KAK kreñvaet evit broudañ diorren al lojeiz sokial e pep lec’h e Breizh.
Poent eo reiñ spi d’ar Vretoned, poent eo diskouez e c’hall an ensavadurioù demokratel talañ ouzh an enkadennoù grevusañ. Diouzh hon emzalc’h dirak enkadenn al lojeiz e vo dazont kevredigezh Breizh. Da zibab hon eus hag-eñ e chomo Breizh ur mad boutin d’e holl annezidi, pe ur miltamm baradozioù klozet, skornet, divuhez.
Ho trugarekaat.
Notenn: votet eo bet an enkemmad 28 goude bezañ adksrivet. An enkemmadoù 29, 30 hag 31 zo bet nac’het gant ar muiañ-niver.




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Un plan régional pour la politique linguistique
Ce texte est la version en français d’un discours prononcé en breton au Conseil régional de Bretagne, le 14 décembre 2023. Pour lire la version originale: https://nilcaouissin.blog/2023/12/14/ur-steunv-rannvroel-evit-ar-brezhoneg/
Mes chères collègues,
Nous demandions depuis le début du mandat une programmation pluriannuelle pour la politique linguistique. C’est chose faite avec ce plan. Bien que l’objectif reste en-deçà de certains engagements électoraux, il faut reconnaître que la croissance proposée n’est pas négligeable. Il y a là de quoi renforcer et développer la politique linguistique de la Région Bretagne. Nous voterons donc le plan sans hésitation.
Nous n’irons pas dans le détail des propositions aujourd’hui. Nous y reviendrons certainement à l’occasion des débats budgétaires.
Mais ne nous voilons pas la face. Pour que notre plan régional soit une réussite, il faudra bien mettre aussi en application la Convention Etat-Région. Tout notre stratégie s’effondre si l’Etat ne tient pas parole, et pour l’instant, il ne le fait pas suffisamment. Alors que 40% des jeunes déclarent souhaiter que leurs enfants apprennent le breton à l’école, 90% des écoles n’en proposent aucun enseignement. On compte approximativement 750 000 élèves dans l’ensemble de la Bretagne. C’est donc près de 300 000 élèves que les filières bilingues devraient accueillir. Nous en sommes à peine à 20 000. Autrement dit, le peuple breton est privé du droit à se réapproprier sa langue. La voie vers la mort de la langue est tracée, avec d’ors et déjà trois quarts de locuteurs âgés ou très âgés.
Pour le gallo, si les attentes semblent pus limitées aujourd’hui avec 12% des jeunes en attente d’un enseignement du gallo, ne faut-il pas là aussi mettre ce chiffre en regard avec l’offre? Elle se développe faiblement dans le primaire, et a même reculé dans le secondaire, avec la réforme du lycée. Le nombre d’élèves suivant l’option gallo au lycée s’est effondré. Il y a donc beaucoup à faire, ne serait-ce que pour répondre à la demande existante.
Faire ce constat, ce n’est bien sûr pas mépriser l’engagement de la Région. Mais la politique linguistique est bloquée. La formation des enseignants est le noeud du problème. Nous pensons donc que la question ne sera pas réglée une fois le plan régional adopté: si l’Etat ne change pas rapidement d’attitude, il nous faudra soi assister les bras ballants à la mort de nos langues, soit prendre nous-mêmes la charge de la formation des enseignants. Cela ne nous n’amènera d’ailleurs pas loin du niveau des promesses faites en 2021 quant au budget des langues.
Là est la solution pour développer vraiment l’enseignement bilingue et répondre aux besoins, là est la solution pour généraliser l’initiation sur le temps scolaire. Je comprends qu’on ne veuille pas l’acter aujourd’hui, pour laisser une chance aux négociations avec le nouveau ministre. Mais il nous faudra vite mettre ce travail-là sur le métier.
Je vous remercie.
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Ur steuñv rannvroel evit ar politikerezh-yezh
Prezegenn distaget e Kuzul-rannvro Breizh d’ar 14 a viz Kerzu 2023, diwar-benn ar steuñv-adperc’hennañ evit yezhoù Breizh.
Keneilezed ha keneiled kaer,
Abaoe penn-kentañ ar respetad e c’houlennemp ur programmadur liesvloaziek evit ar politikerezh yezh. Gant ar steuñv-mañ hon eus unan. Daoust ma chom izeloc’h ar pal eget promesaoù a oa bet graet da vare an dilennadegoù, ret eo anavezout e raktreser amañ ur c’hresk sirius, peadra da solutaat hag da diorren politikerezh-yezh rannvro Breizh. Pouezus eo. Hen votiñ a raimp hep pismigañ.
Ne ‘z aimp ket er munudoù hiziv. Distreiñ a raimp war poent-mañ-poent ha kinnig a raimp enkemmadoù, sur-a-walc’h, da vare an dalc’hoù war ar budjed.
Bezomp sklaer avat. Evit ma raio berzh hor steuñv rannvroel e vo ret dont a-benn da lakaat e pleustr ar c’henemglev Stad-rannvro. Kouezhañ a raio pep tra en e boull ma ne zouj ket ar Stad eus he ger, hag evit ar poent, ne ra ket a-walc’h. 40% eus ar re yaouank o defe c’hoant e vefe desket brezhoneg d’o bugale er skol. Met e 9 skol diwar 10 e Breizh, ne vez kinniget netra dezho. Pa ouzer ez eus tro 750 000 skoliad e Breizh a-bezh e tlefe neuze bezañ tro 300 000 anezho o teskiñ brezhoneg, pa vez evit gwir, a-boan, 20 000. Nac’het e vez ouzh ur bobl ar gwir da adperc’hennañ he yezh. Taol ar marv zo o tont, pa ouzer eo kozh dija an tri c’hard eus ar gomzerien.
Evit ar gallaoueg, lod a lavaro marteze eo izeloc’h ar sifroù, gant 12% eus ar re yaouank o defe c’hoant e vefe desket gant o bugale. Ya, met e pet skol e kinniger gallaoueg? Nebeutoc’h c’hoazh; en eil-derez eo aet war-gil zoken, abaoe adreizh al liseoù, ha dister eo an niver a liseidi o heuliañ an opsion gallaoueg. Kalz a zo d’ober, ha pa ne vefe nemet evit respont ouzh ar goulenn a zo dija.
Kement-se n’eo ket lavaret evit teurel dismegañs war endalc’h ar rannvro. Met ar politikerezh a gasomp da benn a chom skoilhet. Gant stummadur ar gelennerien emañ an dalc’h. Alese e soñj deomp ne vo ket klozet an afer pa vo aprouet hor steuñv ranvroel: ma ne cheñch ket buan emzalc’h ar Stad e vo ret deomp pe sellet ouh marv hor yezhoù, pe tapout hon-unan ar c’harg da stummañ ar gelennerien. Kement-se ne gafe ket ach’anomp en tu all d’ar promesaoù graet e 2021 diwar-benn budjed ar yezhoù.
Amañ emañ an diskoulm evit diorren da vat an deskadurezh divyezhek ha respont d’an ezhommoù, amañ emañ an diskoulm evit holekaat an tañva war an amzer-skol. Kompren a ran ne vefe ket lavaret hiziv, hag e klaskfer reiñ ur chañs d’ar marc’hatadennoù gant ar ministr nevez. Met buan e vo ret lakaat al labour-se ouzh ar stern.
Ho trugarekaat a ran.
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Oui, il y a bien eu une ruée vers l’Ouest des résidences secondaires…

Source de l’image: Gotoinvest https://mesinfos.fr/56370-sarzeau/construction-de-residences-secondaires-la-bretagne-attire-toujours-plus-186182.html
Les résidences secondaires, fausses responsables de la crise du logement, voire véritables bouc-émissaires? C’est un peu le refrain que j’entendais de la part de certains élus et professionnels de l’immobilier, en 2021, après avoir publié le Manifeste pour un statut de résident en Bretagne. La crise du logement aurait surtout été due à des installations de résidents principaux et au ralentissement de la construction, le tout accompagné d’une dose de spéculation. Le statut de résident, destiné à réduire fortement la demande en résidences secondaire pour faire baisser les prix et favoriser le droit au logement, aurait donc été un coup d’épée dans l’eau. Sans nier l’importance de ces facteurs, on a tout de même aujourd’hui quelques chiffres qui démontrent l’existence d’un boom de la résidence secondaire ces dernières années, notamment en Bretagne.
Selon le site de conseil financier Gotoinvest, la Région Bretagne arrive même en tête de la construction de résidences secondaires pour la période 2017-2021. A l’échelle française, ce sont bien le COVID et les confinements qui aggravent la tendance, avec une hausse de 28% des constructions de résidences secondaires en 2022 par rapport à 2020. Certes, le rythme des constructions de logements neufs a ralenti, mais en plus la part des logements construits pour de la résidence principale s’est réduite! C’est la double peine pour les acheteurs modestes.
Au-delà de la Bretagne, c’est l’ouest de la France en général qui est le plus touché (62% des constructions). Les raisons avancés sont le réchauffement climatique et… des niveaux de prix déjà trop élevés dans le sud de la France. Après avoir fait surchauffer et finalement saturé le marché immobilier de nombreux territoires méridionaux, la demande en résidence secondaire met donc cap à l’ouest. On s’en doutait, mais c’est maintenant bien documenté.
L’étude nous apprend au passage que 55 % des résidences secondaires (nouvellement construites) sont construites à plus de 200 km du lieu de vie habituel. Un argument de plus montrant l’intérêt du statut de résident principal comme outil de régulation de ce type de demande…
