Temoù – Thèmes:
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Quel avenir pour les lycées en Bretagne
Cet article est la traduction en français d’un discours prononcé en breton le 11 décembre 2024, lors de la session budgétaire du Conseil régional de Bretagne: https://nilcaouissin.blog/2024/12/11/dazont-al-liseou-e-breizh/
Mes chers collègues,
Les chiffres et les cartes sont éloquents : il y aura de moins en moins d’enfants et de jeunes en Bretagne dans les années à venir, donc de moins en moins de lycéens.
On peut le regretter. Loin de nous l’idée qu’il faudrait toujours faire augmenter la population et pousser les familles à faire le plus d’enfants possible. Mais on peut s’interroger sur les cause de cette évolution : dans quelle mesure s’agit-il d’un choix, ou d’une contrainte ? Les difficultés des jeunes à accéder au logement, ou à déménager pour un logement plus grand, dissuadent sans doute fortement de fonder ou d’agrandir une famille. La tendance à concentrer l’offre de soin, à fermer des maternités, n’aide sans doute pas non plus les couples à se projeter. Sans se lancer dans une politique d’injonction à la natalité, il faudrait au moins rétablir les conditions permettant de décider vraiment librement de faire des enfants, ou non. L’accès au logement et à la santé sont deux de ces conditions.
L’accroissement naturel n’est cependant pas la seule façon de remplir les établissements scolaires. L’accueil des migrants en est une également. La Bretagne a tout intérêt à prendre sa part dans l’accueil des populations qui fuient la guerre ou la misère, ou qui tout simplement font le choix de venir vivre en Bretagne à nos côtés. Plus de migrants installés dans de bonnes conditions en Bretagne, c’est une population plus jeune qui vient équilibrer notre balance démographique. Accueillons-les, intégrons-les, c’est à la fois notre intérêt et le leur.
Si, malgré tout, la baisse du nombre de lycéens se confirme, essayons de voir aussi le bon côté des choses. Plutôt que de réduire la voilure, profitons de cette situation pour leur permettre d’étudier dans de meilleurs conditions, à moins d’élèves par classe notamment. Cela suppose un dialogue avec l’État pour maintenir les postes d’enseignants, plutôt que de les réduire. Nos futures jeunes seront peut-être peu nombreux, mais ils auront des défis immenses à résoudre, ils vivront des transformations considérables de leur environnement naturel et économique ; et ce alors-mêmes qu’ils devront soutenir par leur travail et leurs cotisations une population de retraités plus nombreuse que jamais dans l’histoire. Nous leur devons au moins de leur offrir les meilleurs conditions de formation possibles.
Notre groupe plaide donc pour le maintien, à l’avenir, des enveloppes consacrées aux lycées et à la formation, même si la tendance doit être à la baisse de la population lycéenne.
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Dazont al liseoù e Breizh
Prezegenn distaget d’an 11 a viz erzu 2024, da vare an diviz-budjed (lodenn gentañ: liseoù).
Nebeutoc’h-nebeutañ a vugale hag a re yaouank a vo e Breizh en dazont. Hen gwelet a reomp en danevell, diouzh ar sifroù hag ar c’hartennoù kinniget. Kement-se a dalvez e vo nebeutoc’h-nebeutañ a liseidi.
Mat pe fall, se zo hervez ar mod da welet an traoù. Ne soñj ket deomp e vefe ret lakaat ar boblañs da greskiñ dibaouez, broudañ ar familhoù d’ober ar muiañ a vugale ma c’hallont. Met goulennoù a sav diwar-benn an emdroadur-se. Daoust hag un dibab eo ober nebeutoc’h a vugale, pe ur redi ? Gouzout a rit pegen diaes eo d’ar re yaouank kavout ul lojeiz, pe dilojañ evit kaout muioc’h a blas. Ne ro ket c’hoant, ne sikour ket da grouiñ ur familh, pe d’ober ur bugel ouzhpenn pa vez unan dija.
War un dachenn all, an argerzh kreizennañ ar servijoù yec’hed, an tech da serriñ tiez-gwilioudiñ, a zo sur-a-walc’h ivez ur skoilh evit ijinañ un dazont-familh. Pell diouzhimp ar soñj da sevel ur politikerezh aotrouniek da vroudañ an dud d’ober bugale, met ret e vefe memestra labourat evit reiñ d’an dud un tu d’ober dibaboù gwir, etre kaout bugale ha chom hep kaout bugale. Evit-se eo al lojañ hag ar yec’hed daou sujed a-bouez-ruz.
Estreget gant ar c’hresk naturel e c’haller leuniañ ar skolioù avat. Degemet enbroidi a c’hall degas an hevelep disoc’h. Gounit a rafe Breizh o kemerh e lod eus degemer an dud a dec’h rak ar brezel pe an dienez, pe ar re o deus c’hoant da zont da Vreizh da vevañ ganeomp, n’eus forzh evit pe abeg e vefe. Muioc’h a enbroidi, ma tegemeromp mat anezho, a degaso deomp ur boblañs yaouankoc’h. Kempouezet e vo evel-se hon demografiezh. Degemeromp anezho, roomp dezho an alc’hwezioù da vezañ perzh eus hor c’hevredigezh. Ur chañs eo evidomp koulz hag evito.
Ma verzhomp memestra e kendalc’h an niver a liseidi da zigreskiñ, klaskomp gwelet an tu mat. N’omp ket rediet d’ober nebeutoc’h evit-se ; kalskomp kentoc’h tennañ gounit eus digresk an niver a liseidi da welaat ar jeu evito. Asantomp da skouer e vefe nebeutoc’h a skolidi er c’hlasoù, evit deskiñ gwelloc’h.
Ezhomm a vefe evel-just da eskemm gant ar Stad evit ma vo miret kement a gelennerien ha bremañ, kentoc’h eget serriñ postoù da heul an demografiezh. Marteze ne vo ket niverus hor re yaouank en dazont, met ur pezh-mell labour o do. Gwelet a rint kemmoù bras en o endro naturel hag armerzhel. Ha ret e vo dezho, dre o labour hag o skodoù, bastañ da ezhommoù ur boblañs retredidi niverusoc’h eget an holl re a zo bet en diaraok. Dleout a reomp, d’an nebeutañ, reiñ dezho ar stuzioù-deskiñ gwellañ ma c’hallomp.
Goulenn a ra neuze hor strollad ma vo miret en dazont ar budjedoù gouestlet d’al liesoù ha d’ar stummadurioù, ha pa dlefe poblañs al liseidi digreskiñ.
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Question orale: crise de la filière bio porcine et restauration collective
Question orale prononcée en session plénière du Conseil régional le 11/10/2024. Pour lire la version originale en breton: https://nilcaouissin.blog/2024/10/11/enkadenn-ar-sevel-moch-biologel-hag-ar-pretierezh-stroll/
Monsieur le Président,
Nous avons déjà eu l’occasion de débattre dans cette assemblée de la crise de l’agriculture biologique, crise dont on peine à voir la fin. Elle a été particulièrement dévastatrice dans la filière porcine : les producteurs de porcs bios du réseau Biodirect, par exemple, ont perdu près de la moitié de leurs membres et sont toujours confrontés à de lourdes difficultés financières. Paradoxalement, alors que c’est un manque de demande qui a fait disparaître de nombreux élevages, ceux qui ont pu tenir ne sont aujourd’hui plus à même de répondre à toutes les demandes. Si c’est une sortie de crise, c’est une sortie de crise par le bas, qui démontre surtout un échec politique à tenir des engagements dans la durée. Alors que la croissance de la production porcine bio était programmée avec un objectif de 5 %, trop peu a été fait pour maintenir les capacités existantes et pour soutenir celles et ceux qui avaient relevé le défi du développement de l’élevage porcin bio.
L’agriculture biologique est pourtant un moyen de produire une alimentation sans utiliser de pesticides de synthèse, une agriculture qui préserve les eaux et les sols. Elle serait, idéalement, à généraliser. On l’incrimine parfois pour le prix de ses produits, oubliant un peu vite les économies qu’elle permet de réaliser en frais de dépollution, de traitements des cancers, de l’obésité ou des maladies dégénératives. Mais ces économies sont différées, les dommages évités sont diffus, et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas laisser au seul consommateur le soin d’orienter les choix de production agricole. Nous l’avons déjà dit : nous sommes contre un système alimentaire à deux vitesse, bio pour ceux qui en ont les moyens, chimico-industriel pour les autres.
Dire cela, c’est bien beau, mais que faire face à la réalité de la crise à laquelle les producteurs en bio sont confrontés ? Alors que l’inflation a marqué les comportements et fragilisé les budgets des plus modestes, bien des distributeurs ont fait le choix de sacrifier le bio, et aggravé la baisse de la demande : on n’achète plus ce qui n’est pas en rayon. La crise du bio a été une douche froide pour nombre de producteurs nouvellement installés, souvent des jeunes, qui ont eu le sentiment d’un lâchage des pouvoirs publics. L’effort pour l’installation de plus d’agriculteurs suppose aussi une sorte de pacte de confiance, il implique que les orientations posées par la puissance publique soient tenues et soutenues dans la durée.
Pourtant, il aurait parfois de peu pour sauver des filières, sauver des fermes, redessiner des perspectives de développement. Car si les éleveurs de la région en 22 % du porc bio français en 2020, ce volume ne représentait que 0,5 % de la production porcine bretonne totale de porc. Et cette proportion a même diminué depuis. Le chiffre de 15 % de baisse de porc bio entre 2022 et 2023 peut sembler considérable, mais cela représente en valeur absolue une perte de 598 truies, selon les chiffres de l’agence bio. Mettons ce chiffre en rapport avec le nombre de repas pris dans les lycées bretons sur une année ! Les collectivités bretonnes, région, département, communes, auraient pu, via la restauration collective, compenser les pertes des éleveurs porcins bios sur le marché privé. Elles auraient pu leur éviter de déclasser leurs produits, de vendre en-dessous de leurs coûts de production, et de voir nombre de fermes disparaître. Pourtant, alors que la Région Bretagne avait fixé un objectif de 10% de porc bio en 2022, j’ai cru comprendre que nous n’étions pas à la moitié de l’objectif en 2023. La volonté a-t-elle manqué ? Ou n’avions-nous pas les bons outils ?
Nous vous croyons sensibles à cette question, et si nous choisissons de la poser maintenant, c’est parce que se met en place une nouvelle centrale d’achats pour le marché considérable des cantines des lycées de la Région. Il y a là une occasion à saisir.
En plus de sauver des fermes, en plus de venir au secours d’un mode de production respectueux de l’environnement, le développement des approvisionnements bios et locaux sera un bon moyen de démocratiser l’accès à ces produits, en en faisant profiter toutes les lycéennes et tous les lycéens du territoire, quelle que soit le poids du porte-monnaie de leurs parents.
Comment la centrale Breizh Achats permettra-t-elle d’apporter des débouchés rémunérateurs et stables à même d’assurer la sortie de crise de la production biologique en Bretagne, en particulier des filières les plus gravement touchées comme la filière porcine, et surtout de re-dessiner des perspectives de développement à moyen et long terme ?
Je vous remercie.
La question en vidéo: https://v5.synople.tv/event/36598?s=3028&e=3344&odj=hide
Pour écouter la réponse: https://v5.synople.tv/event/36598?s=3344&e=3695&odj=hide
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Enkadenn ar sevel-moc’h biologel hag ar pretierezh stroll
Goulenn dre gomz graet d’an 11 a viz here 2024, er C’huzul-rannvro. Evit selaou ar brezegenn: https://v5.synople.tv/event/36598?s=3028&e=3344&odj=hide
Aotroù Prezidant,
Tro hon eus bet da eskemm dija er C’huzul-rannvro diwar-benn enkadenn al labour-douar biologel, ha ne weler ket c’hoazh an dibenn anezhi. Drastus eo bet evit filierenn ar moc’h bio, muioc’h eget ar re all. Tapomp da skouer ar rouedad produerien Biodirect, an hanter anezho aet o stal da netra, hag ar re all zo tapet c’hoazh gant diaesterioù arc’hant don. An diouer a c’houlenn en deus kaset meur a di-feurm da netra, met hiziv-an-deiz, n’eus ket a-walc’h a produerien ken evit respont d’ar goulenn ! Ma’z eo an dra-se dibenn enkadenn ar goulenn, n’haller ket en em laouennaat. Gwelet a reomp dreist-holl n’eo ket bet gouest ar galloudegezhioù foran da derc’hel o engouestloù en amzer. Programmet e oa kas ar produrerezh bio da 5 % eus ar c’hig-moc’h dre vras, met re nebeud a zo bet graet evit skoazell a re o doa kroget el labour evit tizhout ar palioù-diorren.
Padal eo al labour-douar bio ur mod da broduiñ bevañs hep implijout diastuzerioù, ul labour-douar hag a warez an dourioù hag an douaroù. Dav e vefe hollekaat ar mod bio da broduiñ. Kavet e vez abeg ennañ abalamour da briz ar produioù, met disoñjal a reer an espernioù war ar fredoù disaotrañ, ar c’hrignoù-bev, ar c’hleñvedoù diskar an empenn. Gwir eo ne vo ket gwelet liv an espernioù-se diouzhtu, gwir eo ez eo strewet ar c’holloù esperniet. Alese, just-walc’h, eo arabat leuskel d’ar vevezerien o-unan ar girriegezh da sturiañ modoù-produiñ al labour-douar. Hen lavaret hon eus dija : enebet-krenn omp-ni ouzh ur patrom bevañs daouduek, bio evit ar re a c’hall prenañ, kimiek hag industriel evit ar re all.
Brav eo lavaret kement-se. Met petra ober dirak gwirvoud an enkadenn a rank ar broduerien bio talañ outi ? Kemmet eo bet an emzalc’hoù-prenañ gant kresk ar prizioù, ha bresket budjed ar re baourañ, ha neuze o doa dibabet meur a dasparzher paouez da ginnig produioù bio. Evel-just eo bet gwashaet an enkadenn gant an dibab-se. Na brener ket ar pezh na gaver ket.
Un taol fallakr eo bet an enkadenn-se evit ar re nevez-staliet, yaouank alies, o deus bet ar santad da vezañ disoñjet gant ar galloudoù foran. Ma fell deomp staliañ muioc’h a labourerien-douar eo ret derc’hel en amzer al linennoù-stur termenet gant ar galloud politikel, ha skoazellet a re a gonter warne evit o lakaat e pleustr.
A-wechoù avat e vijet bet a-walc’h eus nebeud a dra evit saveteiñ filierennoù, mirout tiez-feurm, reiñ spi d’an dud en-dro. Sellomp ouzh ar sifroù. 22 % eus moc’h bio Frañs a veze produet er rannvro e 2020, met ne oa nemet 0,5 % eus ar moc’h produet Breizh a oa bio. Ha ma’z eus bet kollet 15 % eus ar moc’h bio etre 2022 ha 2023, hervez sifroù an ajañs bio, ar pezh a zo kalz e tregantad, ne ra a-benn ar fin nemet pemp-kant triwec’h houiz ha pevar-ugent. Keñveriomp ar sifr-mañ gant an niver a bredoù tapet e liseoù Breizh bep bloaz !
Strollegezhioù Breizh, rannvro, departamantoù, kumunioù, o dije gellet implijout ar pretierezh-stroll evit kempouezañ kolloù ar saverien moc’h bio war marc’hadoù all. Evel-se ne vijent ket bet rediet da dirummañ o froduioù, da werzhañ dindan ar c’houst-produiñ, da welet tiez-feurm niverus o vont da get. Padal, ma oa bet lakaet da bal tizhout 10% a voc’h bio er c’hantinennoù e 2022, ne oa ket bet tizhet c’hoazh an hanter eus ar pal e 2023, ma ne fazian ket. Hag un diouer a youl zo bet ? Pe n’bor boa ket an ostilhoù mat ?
Krediñ a ra deomp oc’h kizidik ouzh ar goulenn-se, ha ma tibabomp hen ober bremañ, ez eo peogwir ez eus ur greizenn-prenañ nevez o vezañ staliet, evit marc’had bras kantinennoù liseoù ar Rannvro. Ur mare mat eo evit lakaat diskoulmoù e pleustr.
Ouzhpenn saveteiñ tiez-feurm, ouzhpenn dikour ur mod da broduiñ doujus ouzh an endro, diorren ar pourveziñ biologel ha lec’hel a vo ur mod a-feson da reiñ digarezioù da zebriñ bio d’ar muiañ-niver, dre ma vint kinniget da holl liseidi an tiriad, n’eus forzh pegen leun e vefe kont-bank o zud.
Penaos e vo implijet ar greizenn « Breizh achats » evit digeriñ marc’hadoù stabil ha d’ur priz dereat, mat da echuiñ gant enkadenn ar produiñ bio e Breizh, dreist-holl evit ar filierennoù gwallgasetañ evel hini ar moc’h ? Ha savet e vo linennoù-stur evit broudañ diorren al labour-douar bio war hir dermen ?
Ho trugarekaat.
Evit selaou ar respont: https://v5.synople.tv/event/36598?s=3344&e=3695&odj=hide
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Les bons plans des Echos pour vivre aux crochets des autres
La lutte contre « l’assistanat » est un thème porteur: n’est-il pas injuste que des petits malins parviennent à vivre aux crochets de la société, grâce au RSA ou aux indemnités-chômage? Qu’importe si en réalité, la fraude sociale brasse beaucoup moins d’argent que la fraude fiscale. Aux dernières nouvelles, la fraude aux prestations sociales coûterait 1 milliard d’euros, la fraude fiscale 15 milliards (et certaines estimations sont bien plus élevées). On tape quand-même sur les chômeurs.

Il est pourtant un autre genre d’assistanat qui se porte très bien: la spéculation immobilière pour devenir rentier. Le média économique Les Echos propose même une série de conseils pour… arrêter de travailler. Grâce à de judicieux placements, et à condition d’avoir déjà un peu de patrimoine, il est en effet possible u bout d’un moment de vivre uniquement de rentes: loyers, locations de courte durée… un tour de passe-passe financier pour vivre des revenus des autres, tout simplement. Devenir « rentier », un joli euphémisme pour « parasite ».
Quelle inégalité face au travail! Pour ceux qui ont du patrimoine et de bons conseils bancaires, travailler devient optionnel, tandis que pour les autres, il faudra aller jusqu’à 64 ans, voire au-delà. Au passage, ces « rentiers » qui ne travailleront pas ne cotiseront pas (contribuant à concentrer sur un nombre plus restreint d’actif le financement des retraites), mais contribueront à pousser à la hausse le prix du logement.
Et ces « assistés »-là, croyez-moi, ne se contentent pas d’un RSA.
La lutte pour la régulation du marché de l’immobilier, c’est aussi un engagement pour l’égalité face au travail. Un engagement pour contrer l’émergence d’une classe de rentiers-parasites. Il s’agit pourtant aujourd’hui d’un angle mort pour la plus part de ceux qui, à gauche ou à droite, prétendent défendre les travailleurs ou « le travail ».
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Soutien à Diwan
Intervention prononcée lors en session plénière du Conseil régional de Bretagne, le 09/10/2024, à l’occasion du vote d’un soutien extraordinaire de 200 000 euros à Diwan. Pour accéder à la version originale en breton: https://nilcaouissin.blog/2024/10/09/skoaz-ouzh-skoaz-gant-diwan/
Mes chers collègues,
Une fois de plus, Diwan est face à de lourdes difficultés financières. On ne peut pas laisser tomber ce réseau qui a été est est toujours un fer de lance de l’enseignement du breton et en breton. S’il scolarise aujourd’hui moins d’élèves que les classes bilingues de l’enseignement public ou catholique, c’est bien Diwan qui a ouvert le bal, à une époque ou enseigner en breton était encore mal vu. C’est toujours grâce à Diwan, et à Diwan seulement, qu’il a été possible à des lycéens de s’initier à la philosophie en breton, et c’est Diwan, encore, qui trace la voie à suivre, en cette rentrée scolaire, en ouvrant pour la première fois une filière professionnelle en breton. Je veux ici saluer cette innovation, attendue depuis des années, difficile à mettre en place, mais tellement importante pour que l’enseignement en breton soit ouvert à toutes et tous jusqu’au bac. J’espère que cette initative fera des petits et inspirera les autres réseaux d’enseignement en breton.
Diwan, nous ne sommes pas les seuls à y tenir. La solidarité des collectivités bretonnes fait chaud aux coeur : communes de toutes tailles, départements, région maintenant, sont au rendez-vous pour aider le réseau à survire à une mauvaise passe. Elles démontrent ainsi qu’au-delà des affiliations partisanes, le réseau d’enseignement immersif en breton est un bien commun pour la Bretagne. On lui reconnaît une mission de service public. Il devrait donc être, de plein droit, un service public.
La Charte de Diwan le reconnaît d’ailleurs, puisqu’elle revendique, je cite, « la prise en charge de ses écoles dans un service public d’enseignement démocratique et rénové en Bretagne, permettant l’utilisation du breton comme langue véhiculaire de la maternelle à l’université dans tous les domaines de l’enseignement. » Si l’on ajoute que ses écoles sont laïques et gratuites, que faut-il de plus ?
Le nœud du problème, on le sait, est la place du breton. Ces écoles fonctionnent en breton, c’est leur originalité et leur intérêt. Y renoncer serait absurde. L’apprentissage du français n’en souffre pas, et l’on ne peut que s’étonner de voir un ancien ministre s’inquiéter du risque que des citoyens français seraient mis en situation de ne pas apprendre le français à l’école : si ce n’est de la mauvaise foi, c’est en tout cas un signe de méconnaissance de la pédagogie de l’enseignement immersif et de la réalité sociolinguistique dans laquelle les enfants évoluent. Une méconnaissance, aussi, des résultats en français des élèves de Diwan. Mais puisque ce problème de confiance et de reconnaissance existe, et reste irrésolu, il nous apparaît illusoire de revendiquer une intégration du réseau dans l’Education nationale.
A l’Union démocratique bretonne, nous avions proposé dès 2018, dans le cadre des débats sur la différenciation territoriale, un statut public régional pour Diwan. Sans doute n’étions-nous pas les premiers à y penser, tant l’idée semble relever du bon sens. Encore faut-il s’entendre sur le financement : on ne peut pas simplement transférer à la Région la charge de faire fonctionner des écoles en breton sous un statut de service public. Voilà ce que nous écrivions alors : « l’Union démocratique bretonne propose d’expérimenter en Bretagne un statut public régional : faire de Diwan un établissement public participant au service public de l’Éducation, avec pour mission spécifique de développer l’enseignement immersif en langue bretonne, et assurer au réseau un financement public équivalent à celui de l’Éducation nationale en euros par élève. Le mode de gestion du réseau devrait rester aussi largement autogéré que possible et ses spécificités (dont le fonctionnement en langue bretonne au quotidien) devraient être respectées. » Ajoutons que les relations entre le réseau et les collectivités locales seraient les mêmes qui régissent les relations entre les collectivités et les écoles publiques. A l’époque, les esprits n’étaient sans doute pas mûrs pour rouvrir le débat sur le statut. Je me réjouis de voir que l’idée est à nouveau mise en avant aujourd’hui par d’autres que nous. .
Une fois que le réseau aura pu parer à l’urgence financière, je crois que la Région sera l’acteur le mieux placé pour entamer le dialogue avec Diwan, avec les collectivités et avec les parlementaires des 5 départements bretons, pour essayer de bâtir une démarche bretonne commune sur l’avenir du réseau et son statut. Ce sera une façon très concrète et utile pour notre société de traduire dans les faits le principe d’autonomie pour la Bretagne dans lequel une très large majorité de cette assemblée se reconnaît.
Nous voterons bien sûr en faveur du soutien financier proposé.
Pour retrouver l’intervention en vidéo: https://v5.synople.tv/event/36596?s=14821&e=15129&odj=hide
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Skoaz-ouzh-skoaz gant Diwan
Prezegenn distaget er C’huzul-rannvro, d’an 9 a viz here 2024, a-raok votiñ a-du gant ur skoazell dreistordinal evit Diwan (200 000 euro). Evit selaou anezhi: https://v5.synople.tv/event/36596?s=14821&e=15129&odj=hide
Keneilezed ha keneiled kaer,
Ur wech ouzhpenn emañ Diwan e-barzh diaesterioù-arc’hant grevus. N’haller ket sellet ouzh ar rouedad o vont da get. Ret eo mirout kousto pe gousto an ostilh-se a zo bet hag a zo c’hoazh hollbouezus evit ar c’helenn brezhonek. Ma kaver muioc’h a skolidi bremañ en hentennoù divyezhek ar skolioù publik pe katolik, dalc’homp soñj e voe boulc’het an hent gant Diwan, d’ur mare ne oa ket ar c’helenn divyezhek diouzh ar c’hiz.
E Diwan atav, hag e Diwan hepken, eo bet posubl heuliañ kentelioù prederouriezh e brezhoneg. Ha Diwan an hini eo a zo c’hoazh o vont gant un hent nevez, ar bloaz-mañ, o tigeriñ evit ar wech kentañ un hentenn vicherel e brezhoneg. Fellout a ra din saludiñ amañ an nevezenti-se, gortozet abaoe bloavezhioù. Ur bazenn eo evit digeriñ d’an holl ar c’helenn e brezhoneg betek ar bak. Spi am eus e vo awenet ar rouedadoù all gant ar skouer-se, hag e vo gwelet ivez a-benn nebeut hentennoù divyezhek micherel el liseoù publik ha katolik.
Estregedomp a zo tomm hor c’halon ouzh Diwan. Kalonekaus eo gwelet kengred strollegezhioù Breizh. Kumunioù a-bep ment, departamantoù, ar rannvro bremañ, a zo deuet da reiñ an dorn evit sikour ar rouedad da leuniañ an toull en e gef. Diskouez a reont evel-se ez eo ar rouedad kelenn dre soubidigezh ur mad boutin evit Breizh, evit kostezioù politikel a bep seurt. Ur gefridi a servij publik a vez anavezet dezhañ. Dleout a rafe bezañ, hervezomp, ur servij publik da vat.
Dont a ra ar goulenn eus Karta Diwan. Menegiñ a ran ur pennad : « goulenn a ra groñs Diwan ma vo kemeret e karg he skolioù en ur servij deskadurezh publik demokratel ha renevezet e Breizh, a aotreo implij ar brezhoneg evel yezh kevredigezhel eus ar skolioù-mamm betek ar skolioù-meur en holl domanioù ar c’helenn. » Ouzhpennomp ez eo laik ha digoust ar skolioù Diwan. Eus petra ouzphenn hon eus ezhomm ?
Gant ar brezhoneg emañ an dalc’h, evel-just. Mont a ra en-dro ar skolioù Diwan e bezhoneg. Evit-se int dibar ha talvoudus. Dilezel ar brezhoneg e buhez ar skolioù a vefe kement ha dilezel dibarder Diwan. Desket e vez galleg enno memestra, ha souezhet e vezer o klevet un den bet ministr an Deskadurezh-Stad oc’h embann e aon en em gavfe bugale c’hall dic’houest da zeskiñ galleg er skol.
Ma n’eo ket feiz fall ez eus amañ un diouziegezh don eus petra eo pedagogiezh ar soubidigezh, hag eus ar gwirvoud sokioyezhoniel a zo hini endro yezhel an holl vugale e Breizh. Un diouiziegezh, ivez, eus disoc’hoù skolidi Diwan e galleg. Met dre ma ‘z eus eus ar gudenn-se, eus un diouer a fiziañs hag a anaoudegezh a-berzh pennoù ar Stad, e soñj deomp e vefe un touell kinnig enbarzhañ ar rouedad en Deskadurezh-Stad.
En Unvaniezh Demkratel Breizh hor boa kinniget dija, e 2018, ur statud publik rannvroel evit Diwan, da vare an divizoù war an disheñvelaat tiriadel. Sur a-walc’h ne oamp ket ar re gentañ oc’h ijinañ kement-se, rak skiant-vat e seblant bezañ. Dav eo memestra en em glevet war an arc’hantaouiñ : n’haller ket reiñ evel-se d’ar rannvro karg an arc’hantaouiñ evit ar skolioù dre soubidigezh.
Setu ar pezh a skrivemp : « Kinnig a ra Unvaniezh Demokratel Breizh lakaat e pleustr ur statud publik rannvroel : ober eus Diwan ur framm publik a gemero perzh e servij publik an deskadurezh, da gefridi dezhañ diorren ar c’helenn dre soubidigezh e brezhoneg, ha gwarantiñ da skolioù ar rouedad budjedoù kevatal ouzh skolioù an Deskadurezh-Stad, gant kement a euroioù evit pep skoliad. Dav e vo mirout emrenerezh-merañ ar rouedad, ha gwareziñ e berzhioù dibar, en o zouez mont-en-dro ar skolioù e brezhoneg. » Ouzhpennomp e vefe, etre skolioù ar rouedad hag ar strollegezhioù lec’hel, ar memes darempredoù hag etre ar strollegezhioù hag ar skolioù publik eel m’emaint hiziv-an-deiz.
D’ar mare m’hor boa graet ar c’hinnigoù-se, ne oa ket prest ar speredoù moarvat evit digeriñ eskemmoù diwar-benn ar statud. Laouen on o welet e vez laket ar gaoz war ar c’hinnig-se gant tud all bremañ.
Ur wech ma vo diskoulmet ar gudenn vallusañ, e vo ar Rannvro, a soñj din, a vo plaset mat evit digeriñ eskemmoù gant Diwan, gant ar strollegezhioù, gant kannaded ha senedourien eus ar pemp departamant, evit klask sevel ur c’hinnig douget gant Breizh a-bezh diwar-benn dazont ar rouedad, hag e statud.
Setu ur raktres pleustrek ha talvoudus evit kevredigezh Breizh, a gloto mat gant ar c’hoant a emrenerezh a zo rannet gant an holl strolladoù, pe dost, e Kuzul rannvro Breizh.
Votiñ a raimp a-du, evel-just, gant ar skoazell kinniget.
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Evit ma vo sujed ar breved e brezhoneg… e bezhoneg
Abaoe bloavezhioù e c’halle ar skolajidi tremen ul lodenn eus ar breved e brezhoneg, ha troet e veze ar sujedoù e brezhoneg neuze. Adalek 2024, hervez un diviz tapet gant melestradurezh an Deskadurezh-Stad , ne vefe ket troet ar sujedoù ken. Un afer a « ingalded » hervez an destenn. Votet ez eus bet hiziv er C’huzul-rannvro un destenn am boa kinniget, evit goulenn ma voa aozet en-dro troidigezh ar sujedoù.

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Un toull zo e politikerezh al lojañ abalamour d’an diouer a emrenerezh

Prezegenn distaget d’ar 15 a viz c’hwevrer 2024, da vare an divizoù war ar budjed e Kuzul-rannvro Breizh, diwar-benn ar programm evit al lojañ.
« Keneilezed ha keneiled kaer,
Ur steuñv evit al lojañ a oa bet votet da vare an dalc’h diwezhañ. Aprouet e oa bet ganeomp. Soñjet hor boa e skoe ar steuñv war an tu mat, hag e save palioù azas ouzh ar pezh a c’hall ober ar Rannvro evit ar poent. Kavet hor boa mat, dreist-holl, ar raktres krouiñ ur framm evit dastum tachennoù.
Diaes e vefe bezañ laouen avat. Sevel lojiri nevez ne vo ket a-walc’h da diskoulmañ enkadenn al lojañ. Gant ar sevel-lojiri e labourer war hir-dermen, met mallus eo cheñch penn d’ar vazh. Mallus eo digreskiñ an hed etre al lec’hioù-labour hag al lec’hioù-annez. Mallus eo digreskiñ pouez al lojeiz war budjed an tiegezhioù, ur pouez hag a redi anezho, alies, da baouez da veveziñ boued bio hag a galite, da chom hep mont da vakañsiñ, ur pouez a lak ar vuhez diaeshoc’h. Mallus eo ivez diskoulmañ kudenn an tuta evit an embregerezhioù koulz hag evit ar servijoù foran.
Ezhomm zo neuze da sterniañ mont-en-dro ar marc’had. Ezhomm bras.
N’eo ket souezhus neuze gwelet ez eus er boblañs ur asant ledan evit ar statud a annezad, gant 78 % a dud a-du. Muiañ-niver eo en holl rummadoù-oad, en holl rummadoù micherel, en holl rummadoù-dilennerien. N’eo ket ur raktres a rann an dud. Er c’hontrol, ar statud a annezad a zo ur raktres a vod ar gevredigezh e Breizh, tro-dro d’unan eus he diazezoù : ar gwir da vevañ er vro. Ha n’eo ket souezhus kennebeut gwelet ez eo a-du 79 % eus ar Vretoned gant muzulioù-bevenniñ war ar feurmoù-berrbad, unan d’ar muiañ dre berc’henn da skouer. Met piv en deus ar galloud da lakaat ar muzulioù-se e pleuste e Breizh ? Evit ar poent, den ebet.
Un toull zo en obererezh foran abalamour d’a c’hreizennet m’eo ar galloud. Hen gwelet a reer da skouer gant an « takadoù tenn » : ne c’heller kreskiñ an taos-annezañ war an eil-tiez nag e Brest, nag e Lannuon, nag e Douarnenez, nag en Oriant. Ha ken sterniet eo galloud an tiez-kêr war an taos ma lenner ne degaso nemet 80 000 euro bep bloaz en enez-Vaz : peadra da breamptiñ ul lojeiz bep pevare bloaz, sur-a-walc’h. Kaer o do an dilennidi lec’hel bezañ kalonek, hag alies e vezont, ne vo ket tu diskoulmañ kudenn al lojañ gant ostilhoù ken dister.
Kompren a reer gwelloc’h neuze perak e sav an tu-dehoù-pellañ a-enep an emrenerezh : lezober ar Stad n’eo ket chalus evit al luskad-se, dre ma ‘z eo a-enep e vefe bevennet an niver a eil-tiez pe kresket an taosoù war ar feurmoù berrbad. Gwelet a reomp amañ eus an tu-dehoù-pellañ eus tu an arc’hant bras a-enep tu al labour. Azeulerien ur Stad aotrouniek dorn-ha-dorn gant ar vrokerien, er Vodadenn vroadel koulz hag er C’huzul-Rannvro.
Met ne vo ket gwerzhet pobl Vreizh. A-du eo ar muiañ niver er pemp departamant breton evit ma vo ur galloud lezenniñ ha kemedel gant Rannvro Breizh, a-benn sterniañ marc’had al lojañ. 59 % a zo a-du, 26 % a zo a-enep. Pa liammer an emrenerezh ouzh buhez pemdez an dud e vez diskoachet ur c’hoant-emrenerezh ledan. Gervel a reomp Kuzul-rannvro Breizh da gas ur gwir stourm, gant ar Bretonezed hag ar Vretoned, evit gounit ur framm nevez evit marc’had al lojañ e Breizh, evit reiñ d’ar strollegezhioù lec’hel an ostilhoù-sterniañ a vank dezho. Gallout a rafemp kregiñ gant an divizoù tiriadel hor boa kinniget er steuñv evit al lojañ. »
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Logement: le centralisme d’État laisse un vide dans l’action publique

Intervention prononcée e 15 février 2024, durant le débat budgétaire, au sujet de la partie dédiée au logement. L’intervention originale est en breton: https://nilcaouissin.blog/2024/02/15/un-toull-zo-e-politikerezh-al-lojan-abalamour-dan-diouer-a-emrenerezh/
« Mes chers collègues,
Lors de la dernières sessions nous avions voté un plan logement, que notre groupe a approuvé. Il nous avait alors semblé que ce plan allait dans la bonne direction et posait des ambitions compatibles avec les moyens actuels de la Région. Nous avions, en particulier, approuvé le projet de création d’une foncière.
Difficile, néanmoins, de s’en satisfaire. La crise du logement ne sera pas résolue par la seule production de logements neufs. Ce levier ne permet qu’une action de très long terme. Or il y a urgence, urgence à réduire les distances domicile-travail, urgence à réduire la facture du logement qui pèse sur les budgets des ménages et les oblige, par exemple, à renoncer à la consommation d’aliments biologiques et de qualité, à différer des travaux d’isolation de leur logement, à moins partir en vacances, à moins bien vivre tout simplement. Urgence, aussi, à dénouer le problème du recrutement pour les entreprises comme pour les services publics.
Cette urgence, c’est là régulation du marché qui peut y répondre. Et les attentes sont fortes.
Le projet de statut de résident est ainsi largement soutenu par la population, avec 78 % d’opinions favorables. Il est majoritaire dans toutes les classes d’âge, toutes les catégories professionnelles, tous les électorats. Ce n’est pas un projet clivant. C’est au contraire un projet qui rassemble la société bretonne, autour d’un de ses fondements : le droit à vivre au pays. Logiquement, on trouve un niveau de soutien équivalent pour la régulation des locations de courte durée (LCD) : 79 % des Breton-ne-s seraient favorables à un quota d’une LCF maximum par propriétaire. Mais aujourd’hui, qui a le pouvoir de mettre en place ces mesures en Bretagne ? Personne.
Le centralisme d’État laisse un vide dans l’action publique, vide illustré notamment par la grave insuffisance du classement « zones tendues » : ni Brest, ni Lannion, ni Douarnenez, ni Lorient, ne peuvent par exemple appliquer la majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Et cette majoration est si bien plafonnée que l’île de Batz, qui en bénéficie, ne récolte que 80 000 euros par an : de quoi préempter environ un logement tous les quatre ans. Toute la bonne volonté du monde, et les maires en ont souvent à revendre, ne suffira pas à réduire la crise du logement avec des outils aussi inadaptés.
On comprend mieux pourquoi l’extrême-droite s’oppose à l’autonomie : l’inaction d’État lui va très bien, puisque ce courant politique s’oppose aussi bien à la limitation des résidences secondaires qu’à la réduction de l’avantage fiscal des Locations de courte durée. C’est le parti de la rente contre le parti du travail. C’est le centralisme autoritaire allié aux spéculateurs, à l’Assemblée nationale comme au Conseil régional.
Mais le peuple breton n’est pas dupe. Une majorité absolue de la population des cinq départements serait favorable à la dévolution de pouvoir législatif et fiscal à la Région Bretagne pour réguler le marché de l’immobilier. 59 % y sont favorables, et seulement 26 % opposés. Appliquée à un problème concret, l’aspiration à l’autonomie est clairement majoritaire. Nous appelons le Conseil de Bretagne à construire avec les Bretonnes et les Bretons une mobilisation à même d’aboutir à un nouveau cadre pour le marché immobilier en Bretagne, et à une dévolution aux collectivités locales des outils de régulation nécessaire. Les débats territoriaux que nous avions proposé dans le plan logement pourraient en être l’occasion. »
