La lutte contre « l’assistanat » est un thème porteur: n’est-il pas injuste que des petits malins parviennent à vivre aux crochets de la société, grâce au RSA ou aux indemnités-chômage? Qu’importe si en réalité, la fraude sociale brasse beaucoup moins d’argent que la fraude fiscale. Aux dernières nouvelles, la fraude aux prestations sociales coûterait 1 milliard d’euros, la fraude fiscale 15 milliards (et certaines estimations sont bien plus élevées). On tape quand-même sur les chômeurs.

Il est pourtant un autre genre d’assistanat qui se porte très bien: la spéculation immobilière pour devenir rentier. Le média économique Les Echos propose même une série de conseils pour… arrêter de travailler. Grâce à de judicieux placements, et à condition d’avoir déjà un peu de patrimoine, il est en effet possible u bout d’un moment de vivre uniquement de rentes: loyers, locations de courte durée… un tour de passe-passe financier pour vivre des revenus des autres, tout simplement. Devenir « rentier », un joli euphémisme pour « parasite ».
Quelle inégalité face au travail! Pour ceux qui ont du patrimoine et de bons conseils bancaires, travailler devient optionnel, tandis que pour les autres, il faudra aller jusqu’à 64 ans, voire au-delà. Au passage, ces « rentiers » qui ne travailleront pas ne cotiseront pas (contribuant à concentrer sur un nombre plus restreint d’actif le financement des retraites), mais contribueront à pousser à la hausse le prix du logement.
Et ces « assistés »-là, croyez-moi, ne se contentent pas d’un RSA.
La lutte pour la régulation du marché de l’immobilier, c’est aussi un engagement pour l’égalité face au travail. Un engagement pour contrer l’émergence d’une classe de rentiers-parasites. Il s’agit pourtant aujourd’hui d’un angle mort pour la plus part de ceux qui, à gauche ou à droite, prétendent défendre les travailleurs ou « le travail ».

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