Cet article est la traduction en français d’un discours prononcé en breton le 11 décembre 2024, lors de la session budgétaire du Conseil régional de Bretagne: https://nilcaouissin.blog/2024/12/11/dazont-al-liseou-e-breizh/
Mes chers collègues,
Les chiffres et les cartes sont éloquents : il y aura de moins en moins d’enfants et de jeunes en Bretagne dans les années à venir, donc de moins en moins de lycéens.
On peut le regretter. Loin de nous l’idée qu’il faudrait toujours faire augmenter la population et pousser les familles à faire le plus d’enfants possible. Mais on peut s’interroger sur les cause de cette évolution : dans quelle mesure s’agit-il d’un choix, ou d’une contrainte ? Les difficultés des jeunes à accéder au logement, ou à déménager pour un logement plus grand, dissuadent sans doute fortement de fonder ou d’agrandir une famille. La tendance à concentrer l’offre de soin, à fermer des maternités, n’aide sans doute pas non plus les couples à se projeter. Sans se lancer dans une politique d’injonction à la natalité, il faudrait au moins rétablir les conditions permettant de décider vraiment librement de faire des enfants, ou non. L’accès au logement et à la santé sont deux de ces conditions.
L’accroissement naturel n’est cependant pas la seule façon de remplir les établissements scolaires. L’accueil des migrants en est une également. La Bretagne a tout intérêt à prendre sa part dans l’accueil des populations qui fuient la guerre ou la misère, ou qui tout simplement font le choix de venir vivre en Bretagne à nos côtés. Plus de migrants installés dans de bonnes conditions en Bretagne, c’est une population plus jeune qui vient équilibrer notre balance démographique. Accueillons-les, intégrons-les, c’est à la fois notre intérêt et le leur.
Si, malgré tout, la baisse du nombre de lycéens se confirme, essayons de voir aussi le bon côté des choses. Plutôt que de réduire la voilure, profitons de cette situation pour leur permettre d’étudier dans de meilleurs conditions, à moins d’élèves par classe notamment. Cela suppose un dialogue avec l’État pour maintenir les postes d’enseignants, plutôt que de les réduire. Nos futures jeunes seront peut-être peu nombreux, mais ils auront des défis immenses à résoudre, ils vivront des transformations considérables de leur environnement naturel et économique ; et ce alors-mêmes qu’ils devront soutenir par leur travail et leurs cotisations une population de retraités plus nombreuse que jamais dans l’histoire. Nous leur devons au moins de leur offrir les meilleurs conditions de formation possibles.
Notre groupe plaide donc pour le maintien, à l’avenir, des enveloppes consacrées aux lycées et à la formation, même si la tendance doit être à la baisse de la population lycéenne.

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